Chaleur écrasante
À l’ombre, point de répit
Nul souffle dans le feuillage
Immobile est la nature
Chante la fontaine…
Un chat s’étire longuement
Le temps s’arrête
Et le monde s’endort.
Chaleur écrasante
À l’ombre, point de répit
Nul souffle dans le feuillage
Immobile est la nature
Chante la fontaine…
Un chat s’étire longuement
Le temps s’arrête
Et le monde s’endort.
Il est un endroit charmant
Au bord d’un lac dormant
Où l’iris d’eau et la marjolaine
Mêlent leurs senteurs à la verveine.
Sur les rives vertes et herbues,
Les gros frênes chevelus
Mirent leurs silhouettes massives
Dans l’onde fugitive.
Le héron gris y surveille l’ablette
Immobile et droit sur ses pattes grêles ;
À ses pieds, fleurit la pâquerette.
La grenouille sommeille sur le nénuphar ;
La libellule aux ailes frêles
Prend son envol et part…
Le jour tombe lentement
Petit à petit les oiseaux se taisent
Le grillon commence sa symphonie
Dans l’herbe roussie de l’été.
Plus un souffle de vent
La chauve-souris de son vol
Échevelé frôle les toits.
Le hérisson avance à pas feutrés.
Sur la branche du vieux chêne
La chouette blanche hulule.
A-t-elle vu le frêle mulot?
Des millions d’étoiles
Brillent au firmament.
Paix d’une nuit d’été…
Dans la salle basse, règne le silence.
La comtoise égrène ses heures,
Celles du bonheur.
Des papillons de lumière dansent.
Près de l’âtre, le chat sommeille.
Son pelage frémit de son rêve ;
Son repos lentement s’achève,
Il ouvre un œil et dresse une oreille.
Dehors, le soleil lance ses rayons
Sur la terre chaude.
L’abeille butine la reine -claude,
Sous la pierre, chante le grillon.
Allongée sous la tonnelle
Dans un demi-sommeil
Cigales s’époumonant
Soleil dardant ses rayons
J’accueille le bonheur.
Mas sous les oliviers
Chat ronronnant
Sous le cyprès.
Le bonheur existe.
Été du midi
Été du bonheur…
Océan immense, vagues
À perte de vue…
Reflets verts ou gris,
Écume blanche.
Soleil couchant
Qui se noie dans les flots.
Océan calme, eau trompeuse,
Océan fougueux
Se ruant sur la falaise.
Ouf! C’est arrivé !
La liberté est de retour !
Plus d’autorisation
Pour faire sa marche quotidienne.
Kilométrage illimité
Pour partir à l’aventure.
Famille retrouvée,
Grands-parents et petits-enfants
Heureux des retrouvailles.
La liberté est de retour !
Cette liberté que l’on
Prenait pour un acquis.
Fragile liberté !
Soyons encore prudents,
L’ennemi est encore là,
Il nous guette
Derrière la poignée de main,
Derrière l’embrassade.
Ne narguons pas l’intrus.
La liberté est de retour !
Celui-ci me dit:
Le bonheur, mais oui,
Je l’ai rencontré ;
Il est enfoui sous mon or
Bien au chaud dans mon coffre.
Malheur à qui y touchera!
Celui-là répondit:
Ah! Non! Vous n’y êtes pas !
Le bonheur, on le trouve
Loin de chez soi
Dans de lointaines contrées,
Des lieux inexplorés
Envahis d’une ensorcelante végétation.
Dans ma simplicité, je leur dis:
Mon bonheur à moi, il est tout petit,
Il me suit à chaque pas,
Dans la légèreté de l’oiseau ,
La beauté diaphane du lys,
Le sommeil serein de la chatte,
Les yeux de l’enfant émerveillé ;
Je l’ai vu dans la douceur
D’une nuit d’été,
Dans l’arc-en-ciel du couchant,
Dans les vignes à perte de vue.
Je l’ai vu, ce bonheur, aussi
Dans les yeux de l’être aimé…
L’Homme est un animal
Qui s’est toujours adapté
Aux changements de l’Histoire.
À l’annonce du confinement,
Horreur, comment supporter ?
Pourtant, au fil des jours,
On vit l’Homme se poser,
Ralentir, réfléchir…
Tel prit un livre et ne le lâcha plus,
Tel autre découvrit ses enfants,
Les écouta, leur parla…
Celui-ci aida son voisin en détresse,
Celui-là appela son aïeule isolée.
L’Homme redécouvrit la lenteur,
L’empathie, le retour sur soi.
L’Homme est un être d’adaptation.
L’homme moderne
Vit, en ces jours,
Une expérience inédite
Appelée confinement.
L’homme , cet animal social,
Se voit obligé
De vivre seul, en retrait,
Loin des siens, loin de ses amis.
Promenades contrôlées
Sous un ciel printanier.
On se salue de loin,
On change de trottoir,
L’autre peut être l’ennemi !
Comment résister à l’ennui ,
A l’angoisse ?
Trouvons en nous des ressources cachées.
Apprivoisons la solitude
Par des lectures, des pensées ;
Exprimons nos sentiments par l’écriture ;
Réfléchissons au retour du bonheur ;
Changeons peut-être de cap.
Le trop-plein d’activités
Nous a fait souvent oublier
Les vraies valeurs de l’existence.
Confinement, aide-nous à entrevoir
Un monde meilleur…