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Bonheur

Jouissons du bonheur

Quand il nous prend la main.

Doux moments

Heures exquises

Parmi les siens.

Rires d’enfants

Exclamations des grands,

Nuit chaude,

Senteurs marines,

Ciel étoilé…

Le jour s’éteint.

Demain reviendra.

Ne laissons pas

S’échapper le bonheur…

Prémisses du printemps

Les jonquilles fleurissent

Timidement dans le gazon,

Un vol d’oies sauvages

Passe dans l’azur,

Un vent du sud souffle

Un air tiède.

Le prunus du jardin

Arbore fièrement ses fleurs roses.

Encore quelques gelées matinales

Mais l’après-midi nous réserve

De chaudes surprises

Certains jours.

À petits pas, l’hiver s’en va

Et laisse place à la saison nouvelle.

Quelle merveille,

La valse des saisons!

Joie et tristesse

Las! Disais-tu, arrivent les ténèbres !

Oui, mais demain le jour poindra!

La tristesse monte de l’horizon funèbre.

Oui, mais demain la joie reviendra!

Las!Disais-tu , que faire de ma vie?

Vois-tu la beauté de l’univers ?

Jour après jour monte l’ennui.

Regarde le couchant sur la mer.

Las! Disais-tu, l’avenir est morose!

Ta vie passée fut bien douce.

Je ne puis respirer le parfum de la rose.

Viens, allons dormir sur la mousse!

Clés

Tige de bronze poli

Anneau aux courbes gracieuses

Tu ouvres les portes

Du cabinet des secrets,

De l’armoire campagnarde,

De la lourde malle

Au grenier endormie.

Tu nous ouvres la porte des songes,

De l’évasion champêtre,

De la partition musicale.

Clé des songes,

Clé des champs,

Clé de sol,

La serrure t’appelle

Pour nous ouvrir

La porte de la liberté.

Fable

Je vais vous conter

L’histoire de deux mères

Soit-disant pourvoyeuses

D’exemples aux yeux

De leurs enfants.

L’une, cigarette au bec,

Avisant sa voisine,

Lui tint à peu près

Ce langage :

-Je suis en grand embarras

À cause de ma fille,

Ayant vu celle-ci cigarette

Aux lèvres

Pourtant, combien de fois

Lui ai-je dit que fumer

Nuit à la santé.

-Moi, dit la voisine,

C’est mon fils qui me soucie,

Exhibant un langage grossier

Dès le réveil.

Et celle-ci d’égrener

Un chapelet de mots insultants

Que la bienséance

M’oblige à taire.

En toute circonstance,

L’exemple est préférable

Au simple conseil.

Inondation

Depuis des jours,

Le ciel ruisselle,

Les nuages pleurent.

La nature n’est que chagrin.

Les eaux du ruisseau indolent

Bouillonnent.

Le flot intrépide

A coupé la route champêtre.

Dans les prés

Le ciel se reflète

Dans les vastes flaques.

Depuis des jours,

La nature n’est que chagrin…

C’était avant…

On s’embrassait,

On se serrait la main,

On marchait

L’un près de l’autre

Main dans la main.

C’était avant…

On se réunissait

Autour d’une table,

Sans aucune crainte.

On prodiguait maints câlins

Aux petits-enfants.

C’était avant…

On était heureux

On ne le savait pas.

C’était avant…

Mais l’Espérance est là.

Le bonheur reviendra nous dire

Qu’Avant est revenu!

Fable moderne

En ces temps fort perturbés

Où le Virus s’invita

On vit des êtres vivre

Comme au temps d’avant

Ne portant pas masque

Se réunissant pour des fêtes nocturnes

Se donnant accolades et embrassades.

Fin de la distanciation !

Hélas ! Nombreux furent victimes

De leur imprudence.

Pis encore, ils en firent présent

À leur entourage.

Sachons raison garder

Dans certaines circonstances.

L’inconscience peut nous tuer

Ainsi que ceux qu’on aime.