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La fable du bonheur

Celui-ci me dit:

Le bonheur, mais oui,

Je l’ai rencontré ;

Il est enfoui sous mon or

Bien au chaud dans mon coffre.

Malheur à qui y touchera!

Celui-là répondit:

Ah! Non! Vous n’y êtes pas !

Le bonheur, on le trouve

Loin de chez soi

Dans de lointaines contrées,

Des lieux inexplorés

Envahis d’une ensorcelante végétation.

Dans ma simplicité, je leur dis:

Mon bonheur à moi, il est tout petit,

Il me suit à chaque pas,

Dans la légèreté de l’oiseau ,

La beauté diaphane du lys,

Le sommeil serein de la chatte,

Les yeux de l’enfant émerveillé ;

Je l’ai vu dans la douceur

D’une nuit d’été,

Dans l’arc-en-ciel du couchant,

Dans les vignes à perte de vue.

Je l’ai vu, ce bonheur, aussi

Dans les yeux de l’être aimé…

Fable moderne

L’Homme est un animal

Qui s’est toujours adapté

Aux changements de l’Histoire.

À l’annonce du confinement,

Horreur, comment supporter ?

Pourtant, au fil des jours,

On vit l’Homme se poser,

Ralentir, réfléchir…

Tel prit un livre et ne le lâcha plus,

Tel autre découvrit ses enfants,

Les écouta, leur parla…

Celui-ci aida son voisin en détresse,

Celui-là appela son aïeule isolée.

L’Homme redécouvrit la lenteur,

L’empathie, le retour sur soi.

L’Homme est un être d’adaptation.

Confinement

L’homme moderne

Vit, en ces jours,

Une expérience inédite

Appelée confinement.

L’homme , cet animal social,

Se voit obligé

De vivre seul, en retrait,

Loin des siens, loin de ses amis.

Promenades contrôlées

Sous un ciel printanier.

On se salue de loin,

On change de trottoir,

L’autre peut être l’ennemi !

Comment résister à l’ennui ,

A l’angoisse ?

Trouvons en nous des ressources cachées.

Apprivoisons la solitude

Par des lectures, des pensées ;

Exprimons nos sentiments par l’écriture ;

Réfléchissons au retour du bonheur ;

Changeons peut-être de cap.

Le trop-plein d’activités

Nous a fait souvent oublier

Les vraies valeurs de l’existence.

Confinement, aide-nous à entrevoir

Un monde meilleur…

Haro sur…

Haro sur nous

Gens du vingtième siècle

Qui avons laissé

La planète mourir

A petit feu.

Que laissons-nous

À nos enfants ?

Océans et rivières pollués,

Plastique dans tous les recoins,

Forêts abattues,

Animaux traqués, chassés,

Décimés…

Usines crachant leur haleine empoisonnée,

Véhicules au souffle mortel.

Honte à nous

Qui n’avons pas su

Léguer à nos enfants

Une terre digne

Du Paradis perdu…

Fragilité

On vit sans s’apercevoir

Que le bonheur est fragile.

Vivons l’instant présent,

L’avenir est indocile.

On regrette ce que l’on n’a pas

Mais on ne profite pas

De ce que l’on a…

On vit à cent à l’heure,

On ne jouit pas des précieuses minutes.

On ne sait pas

Que l’ennemi guette;

Virus, maladie,guerre,

Pandémie, changement climatique…

Apprenons à savourer le présent,

À faire durer la plus petite

Seconde de bonheur.

Le bonheur est fragile.

Ne le laissons pas

S’envoler…

On ne savait pas…

On ne savait pas

Que c’était le bonheur !

On allait libres,

Sans autorisation.

Libres de travailler,

De se promener,

De se rencontrer.

On ne savait pas

Que c’était le bonheur !

On se donnait la main,

On s’embrassait,

Les enfants faisaient des rondes,

Se tenaient par le cou.

On ne savait pas

Que c’était le bonheur !

Un ennemi s’est infiltré,

Un virus infiniment petit,

Invisible, tueur.

La vie s’est arrêtée,

Le bonheur s’est enfui!

L’ennemi silencieux

Rues désertées

Bars vides

Restaurants silencieux

Écoles sans enfants.

Un silence nocturne s’installe

En plein jour.

Plus de rires aux jeux

De jeunes à vélo

Seuls quelques passants

Promènent leur chien.

L’ennemi est là,

Silencieux, invisible,

Il plane sur nos têtes,

Covid, il se nomme…