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Sonnet à l’automne

Fraîcheur de l’air matinal

Vent dans le feuillage

Fine gelée sur la pelouse

L’automne est de retour.

Feuille jaunissante

Arbre qui se dépouille

Champignon dans l’herbe

L’automne est de retour.

Vol d’oiseaux dans le ciel

Grappe vermeille sur le cep

Guêpe savourant le grain.

Pluie et soleil jouant à cache-cache

Campagne en livrée éblouissante

L’automne est de retour.

Fin d’été

Une feuille tombe.

Un air plus frais

Un soleil plus pâle

Un jour plus court

L’été s’en va…

Grappe mûre

Noisette sur le sol

Prune juteuse

L’été s’en va…

Oubliés, jeux de plage,

Finie, sieste à l’ombre,

L’été s’en est allé…

Passe le temps

L’été est revenu chez nous,

Les années défilent

De plus en plus vite.

La jeunesse s’est enfuie

Avec ses espérances.

Une chape brûlante

S’abat sur la campagne.

Le grésillement des insectes

Harcèle nos oreilles.

L’ombre bienfaisante

Accueille le chat assoupi.

Le soleil darde ses rayons

Sur l’herbe jaunie.

Combien d’étés encore?

Les années défilent

De plus en plus vite…

Épitaphe pour la langue française

Que devient notre belle langue

Au milieu des anglicismes ?

Nous n’allons plus courir

Nous faisons notre footing.

N’allez plus garder bébé

Faites du babysitting.

Ciel! Que de rides dans le miroir !

Vite, un lifting !

Cet été, Aristide et Chloé

Vont faire du yachting.

Leur fils Édouard fera du skating

Et peut-être ira-t-il au bowling !

Monsieur met son smoking

Pour aller au meeting ;

Il faut garder son standing !

Madame consulte son planning :

Ne pas oublier son cours de stretching

Ni de faire son brushing !

Le lac

Il est un endroit charmant

Au bord d’un lac dormant

Où l’iris d’eau et la marjolaine

Mêlent leurs senteurs à la verveine.

Sur les rives vertes et herbues,

Les gros frênes chevelus

Mirent leurs silhouettes massives

Dans l’onde fugitive.

Le héron gris y surveille l’ablette

Immobile et droit sur ses pattes grêles ;

À ses pieds, fleurit la pâquerette.

La grenouille sommeille sur le nénuphar ;

La libellule aux ailes frêles

Prend son envol et part…

Nuit d’été

Le jour tombe lentement

Petit à petit les oiseaux se taisent

Le grillon commence sa symphonie

Dans l’herbe roussie de l’été.

Plus un souffle de vent

La chauve-souris de son vol

Échevelé frôle les toits.

Le hérisson avance à pas feutrés.

Sur la branche du vieux chêne

La chouette blanche hulule.

A-t-elle vu le frêle mulot?

Des millions d’étoiles

Brillent au firmament.

Paix d’une nuit d’été…

Campagne

Dans la salle basse, règne le silence.

La comtoise égrène ses heures,

Celles du bonheur.

Des papillons de lumière dansent.

Près de l’âtre, le chat sommeille.

Son pelage frémit de son rêve ;

Son repos lentement s’achève,

Il ouvre un œil et dresse une oreille.

Dehors, le soleil lance ses rayons

Sur la terre chaude.

L’abeille butine la reine -claude,

Sous la pierre, chante le grillon.