Océan immense, vagues
À perte de vue…
Reflets verts ou gris,
Écume blanche.
Soleil couchant
Qui se noie dans les flots.
Océan calme, eau trompeuse,
Océan fougueux
Se ruant sur la falaise.
Océan immense, vagues
À perte de vue…
Reflets verts ou gris,
Écume blanche.
Soleil couchant
Qui se noie dans les flots.
Océan calme, eau trompeuse,
Océan fougueux
Se ruant sur la falaise.
Ouf! C’est arrivé !
La liberté est de retour !
Plus d’autorisation
Pour faire sa marche quotidienne.
Kilométrage illimité
Pour partir à l’aventure.
Famille retrouvée,
Grands-parents et petits-enfants
Heureux des retrouvailles.
La liberté est de retour !
Cette liberté que l’on
Prenait pour un acquis.
Fragile liberté !
Soyons encore prudents,
L’ennemi est encore là,
Il nous guette
Derrière la poignée de main,
Derrière l’embrassade.
Ne narguons pas l’intrus.
La liberté est de retour !
Celui-ci me dit:
Le bonheur, mais oui,
Je l’ai rencontré ;
Il est enfoui sous mon or
Bien au chaud dans mon coffre.
Malheur à qui y touchera!
Celui-là répondit:
Ah! Non! Vous n’y êtes pas !
Le bonheur, on le trouve
Loin de chez soi
Dans de lointaines contrées,
Des lieux inexplorés
Envahis d’une ensorcelante végétation.
Dans ma simplicité, je leur dis:
Mon bonheur à moi, il est tout petit,
Il me suit à chaque pas,
Dans la légèreté de l’oiseau ,
La beauté diaphane du lys,
Le sommeil serein de la chatte,
Les yeux de l’enfant émerveillé ;
Je l’ai vu dans la douceur
D’une nuit d’été,
Dans l’arc-en-ciel du couchant,
Dans les vignes à perte de vue.
Je l’ai vu, ce bonheur, aussi
Dans les yeux de l’être aimé…
L’Homme est un animal
Qui s’est toujours adapté
Aux changements de l’Histoire.
À l’annonce du confinement,
Horreur, comment supporter ?
Pourtant, au fil des jours,
On vit l’Homme se poser,
Ralentir, réfléchir…
Tel prit un livre et ne le lâcha plus,
Tel autre découvrit ses enfants,
Les écouta, leur parla…
Celui-ci aida son voisin en détresse,
Celui-là appela son aïeule isolée.
L’Homme redécouvrit la lenteur,
L’empathie, le retour sur soi.
L’Homme est un être d’adaptation.
L’homme moderne
Vit, en ces jours,
Une expérience inédite
Appelée confinement.
L’homme , cet animal social,
Se voit obligé
De vivre seul, en retrait,
Loin des siens, loin de ses amis.
Promenades contrôlées
Sous un ciel printanier.
On se salue de loin,
On change de trottoir,
L’autre peut être l’ennemi !
Comment résister à l’ennui ,
A l’angoisse ?
Trouvons en nous des ressources cachées.
Apprivoisons la solitude
Par des lectures, des pensées ;
Exprimons nos sentiments par l’écriture ;
Réfléchissons au retour du bonheur ;
Changeons peut-être de cap.
Le trop-plein d’activités
Nous a fait souvent oublier
Les vraies valeurs de l’existence.
Confinement, aide-nous à entrevoir
Un monde meilleur…
Haro sur nous
Gens du vingtième siècle
Qui avons laissé
La planète mourir
A petit feu.
Que laissons-nous
À nos enfants ?
Océans et rivières pollués,
Plastique dans tous les recoins,
Forêts abattues,
Animaux traqués, chassés,
Décimés…
Usines crachant leur haleine empoisonnée,
Véhicules au souffle mortel.
Honte à nous
Qui n’avons pas su
Léguer à nos enfants
Une terre digne
Du Paradis perdu…
On vit sans s’apercevoir
Que le bonheur est fragile.
Vivons l’instant présent,
L’avenir est indocile.
On regrette ce que l’on n’a pas
Mais on ne profite pas
De ce que l’on a…
On vit à cent à l’heure,
On ne jouit pas des précieuses minutes.
On ne sait pas
Que l’ennemi guette;
Virus, maladie,guerre,
Pandémie, changement climatique…
Apprenons à savourer le présent,
À faire durer la plus petite
Seconde de bonheur.
Le bonheur est fragile.
Ne le laissons pas
S’envoler…
On ne savait pas
Que c’était le bonheur !
On allait libres,
Sans autorisation.
Libres de travailler,
De se promener,
De se rencontrer.
On ne savait pas
Que c’était le bonheur !
On se donnait la main,
On s’embrassait,
Les enfants faisaient des rondes,
Se tenaient par le cou.
On ne savait pas
Que c’était le bonheur !
Un ennemi s’est infiltré,
Un virus infiniment petit,
Invisible, tueur.
La vie s’est arrêtée,
Le bonheur s’est enfui!
Rues désertées
Bars vides
Restaurants silencieux
Écoles sans enfants.
Un silence nocturne s’installe
En plein jour.
Plus de rires aux jeux
De jeunes à vélo
Seuls quelques passants
Promènent leur chien.
L’ennemi est là,
Silencieux, invisible,
Il plane sur nos têtes,
Covid, il se nomme…
Le printemps arrive
À pas de loup.
Le sifflement du merle,
Le crocus d’or dans le gazon,
La timide pâquerette,
Un pâle rayon,
Le ciel entre nuage et ondée,
La tourterelle sur la branche,
Le pommier en fleurs,
Une douceur dans l’air…
Le Printemps arrive
À pas de loup…