Noisette pour l’écureuil
Pomme rouge
Grappe sucrée
Aux reflets nacrés
Poire aux joues rebondies
Pendue à l’espalier
Reine-Claude juteuse
Noix dans sa coque.
L’automne est une farandole de fruits.
Noisette pour l’écureuil
Pomme rouge
Grappe sucrée
Aux reflets nacrés
Poire aux joues rebondies
Pendue à l’espalier
Reine-Claude juteuse
Noix dans sa coque.
L’automne est une farandole de fruits.
Une feuille tombe.
Un air plus frais
Un soleil plus pâle
Un jour plus court
L’été s’en va…
Grappe mûre
Noisette sur le sol
Prune juteuse
L’été s’en va…
Oubliés, jeux de plage,
Finie, sieste à l’ombre,
L’été s’en est allé…
Océan immense, vagues
À perte de vue…
Reflets verts ou gris,
Écume blanche
Soleil couchant
Qui se noie dans les flots.
Océan calme, eau trompeuse,
Océan fougueux
Se ruant sur la falaise.
L’été est revenu chez nous,
Les années défilent
De plus en plus vite.
La jeunesse s’est enfuie
Avec ses espérances.
Une chape brûlante
S’abat sur la campagne.
Le grésillement des insectes
Harcèle nos oreilles.
L’ombre bienfaisante
Accueille le chat assoupi.
Le soleil darde ses rayons
Sur l’herbe jaunie.
Combien d’étés encore?
Les années défilent
De plus en plus vite…
Que devient notre belle langue
Au milieu des anglicismes ?
Nous n’allons plus courir
Nous faisons notre footing.
N’allez plus garder bébé
Faites du babysitting.
Ciel! Que de rides dans le miroir !
Vite, un lifting !
Cet été, Aristide et Chloé
Vont faire du yachting.
Leur fils Édouard fera du skating
Et peut-être ira-t-il au bowling !
Monsieur met son smoking
Pour aller au meeting ;
Il faut garder son standing !
Madame consulte son planning :
Ne pas oublier son cours de stretching
Ni de faire son brushing !
Chaleur écrasante
À l’ombre, point de répit
Nul souffle dans le feuillage
Immobile est la nature
Chante la fontaine…
Un chat s’étire longuement
Le temps s’arrête
Et le monde s’endort.
Il est un endroit charmant
Au bord d’un lac dormant
Où l’iris d’eau et la marjolaine
Mêlent leurs senteurs à la verveine.
Sur les rives vertes et herbues,
Les gros frênes chevelus
Mirent leurs silhouettes massives
Dans l’onde fugitive.
Le héron gris y surveille l’ablette
Immobile et droit sur ses pattes grêles ;
À ses pieds, fleurit la pâquerette.
La grenouille sommeille sur le nénuphar ;
La libellule aux ailes frêles
Prend son envol et part…
Le jour tombe lentement
Petit à petit les oiseaux se taisent
Le grillon commence sa symphonie
Dans l’herbe roussie de l’été.
Plus un souffle de vent
La chauve-souris de son vol
Échevelé frôle les toits.
Le hérisson avance à pas feutrés.
Sur la branche du vieux chêne
La chouette blanche hulule.
A-t-elle vu le frêle mulot?
Des millions d’étoiles
Brillent au firmament.
Paix d’une nuit d’été…
Dans la salle basse, règne le silence.
La comtoise égrène ses heures,
Celles du bonheur.
Des papillons de lumière dansent.
Près de l’âtre, le chat sommeille.
Son pelage frémit de son rêve ;
Son repos lentement s’achève,
Il ouvre un œil et dresse une oreille.
Dehors, le soleil lance ses rayons
Sur la terre chaude.
L’abeille butine la reine -claude,
Sous la pierre, chante le grillon.
Allongée sous la tonnelle
Dans un demi-sommeil
Cigales s’époumonant
Soleil dardant ses rayons
J’accueille le bonheur.
Mas sous les oliviers
Chat ronronnant
Sous le cyprès.
Le bonheur existe.
Été du midi
Été du bonheur…