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La grenouille

Je suis une fripouille

Se dit la grenouille;

Je n’aime que les nouilles

Et aussi la ratatouille.

Je n’aime pas qu’on me fouille

Quand on n’aime pas ma bouille.

J’habite dans une citrouille

Et n’aime pas les embrouilles.

Ouille! Ouille! Ouille!

Voilà la gargouille!

Synonymes

Qu’il est bon de rire

D’une bonne plaisanterie!

Oui, se marrer, s’esclaffer,

Rigoler pour tout dire.

Tel rit à gorge déployée,

Tel autre rit aux éclats

Et même parfois aux larmes.

J’en ai rencontrés qui riaient

A s’en tenir les côtes,

A s’en dilater la rate,

D’aucuns qui s’en payaient une tranche,

Se gondolaient et se poilaient

A tout propos.

Certains, plus discrets,

Aiment à badiner, à plaisanter

Dans maintes cocasses situations.

Ce poème est d’un comique!

Réveillon de Noël

R001-018Au cours de ma vie, j’ai eu l’opportunité de préparer ou d’être invitée à de nombreux repas: banquets de cheminots, repas d’enseignants, réveillons intimes ou parmi une assistance nombreuse, mariages, communions, pique-niques, repas de famille ou entre amis. Mais il est un repas entre tous qui laisse en moi un souvenir de tendresse et de chaleur, c’est le mini réveillon de Noël de mon enfance. Tout commençait le matin du vingt-quatre décembre. Ma mère, accompagnée de ses deux filles, allait au marché acheter la volaille qui trônerait sur la table du jour de Noël ainsi que les entrées et la bûche pâtissière. A cette époque, le foie gras n’était pas encore roi sur toutes les tables…Nous revenions à la maison, les cabas pleins, pour accueillir mon oncle et ma tante venus passer les fêtes avec nous.L’après-midi se passait dans la confection de pâtisseries: chaussons aux pommes moelleux pour le goûter. Leur parfum enivrant embaumait toute la maison. Nous attendions, ma soeur et moi, leur sortie du four, impatientes et l’eau à la bouche. Mais il fallait attendre, dur calvaire, qu’ils refroidissent. Mais le clou du réveillon, c’était bien sûr, la bûche maison que préparait ma mère: un biscuit tendre nappé de chocolat fondu, garni de pépites colorées et d’un Père Noël en sucre. Qui allait lécher la casserole? Chacune à son tour, disait ma mère, pas de disputes!

Nous naviguions, heureuses dans ces odeurs sublimes en pensant aux cadeaux que nous trouverions le lendemain au pied du sapin. Le soir venu, nous nous habillions chaudement pour aller à la messe de minuit: magie des lumières, des chants de Noël…

Envahie d’une douce somnolence, l’air froid me fouettait à la sortie de l’église. De retour à la maison, ma mère et ma tante installaient les assiettes à dessert. Mon père ouvrait une bouteille de mousseux et noud dégustions la bûche succulente.

Magie des Noëls d’enfance! Comme ils sont loin à présent! Tant d’êtres chers qui les peuplaient ont disparu mais ceux-ci resteront à jamais dans la mémoire de mon coeur…

Hiver

HiverVoilà le vent fou de l’hiver qui me transperce.

Les arbres dépouillés se penchent sous son souffle.

Mais, lentement, lentement, la bourrasque s’essouffle

Et la brise légère doucement me berce.

 

Sur l’étang gelé, la vieille barque se renverse;

Sous le vieux pont de pierre, la bise s’engouffre

Comme dans un insondable et vertigineux gouffre;

Soudain, un déluge de gouttes se déverse.

Matin de Noël à la pâtisserie

P1010690Un énorme soupir se fait entendre dans la pâtisserie encore silencieuse. Une petite voix jaillit du comptoir où reposent au milieu des guirlandes de savoureux gâteaux:

« -Qui se plaint en ce matin béni?

-C’est moi, la bûche au chocolat. Je suis épuisée par cette nuit sans sommeil.

-Et nous, alors, rétorquent les marrons glacés, tu as vu comme on nous traite? On nous épluche sans ménagement, on nous enrobe de sucre écoeurant puis on nous enferme dans une boîte; bonjour la claustro!

-Taisez-vous, les gars! Y’a du monde qui arrive, avertissent les petits chocolats. »

La clochette de l’entrée, en effet, n’arrête pas de se faire entendre. Des clients emmitouflés, les joues rougies par le froid, arrivent.

« -J’aimerais une bûche au chocolat pour six personnes, » avance une dame aux cheveux blancs.

« -Non, je m’en doutais, c’est toujours moi qui pars la première. Adieu, mes amis, je vous ai peu connus mais je vous regrette déjà.

-T’en fais pas, la rassurent les petits chocolats. Tu vas être la reine de la table à Noël. On va te poser sur un magnifique plat de porcelaine. Tu vas trôner au milieu de la table et tout le monde va te manger des yeux.

-Oui, toi, on va t’admirer avant de te déguster, renchérissent les marrons glacés. Tandis que nous, on nous prend et hop…dans la bouche! »

 

Noëls d’enfance

P1000402Préparatifs fébriles, comptage des jours jusqu’aux vacances, vitrines illuminées, messe de minuit, crèche, angelot disant merci pour la pièce, il est né le divin enfant, lettre au Père Noël, cadeau unique mais somptueux, parapluie rose, berceau alsacien, sapin odorant, bougies allumées, boule rouge, guirlandes incandescentes, bûche crémeuse, chaussons aux pommes, » crottes » en chocolat fourrées de crème rose ou jaune, regards affectueux des parents, yeux brillants, excitation, bonheur, Noël arrive! Vivement Noël!

Journée d’ hiver

Sur la branche nue

Le passereau lance son faible cri.

Dans la campagne, s’étend la blancheur;

De menues traces dans le moelleux tapis.

Alentour, règne le silence;

Dans le sentier gelé,

La vieille femme avance,

Son fagot noir sur son dos voûté.

Elle chemine lentement

Accablée du poids des ans,

Vers son destin, vers sa fin…

Elle sait que le dernier rendez-vous

Approche, elle le sait.

Mais elle l’attend, sereine.

La vie, elle l’a vécue;

Ses joies, ses peines,

Elle a tout eu.

Dans le sentier gelé,

La vieille dame avance.

Recette pour écrire

Préchauffez vos neurones. Prenez une pincée d’imagination, une cuillère à soupe de souvenirs, un verre d’expérience de la vie, une botte de rimes pour agrémenter vos vers.

Mélangez le tout sur votre feuille blanche.

Ajoutez une gousse d’émotions.

Laissez mijoter les idées à feu doux sans cesser de les surveiller.

Une fois votre écrit à point, faites-le partager bien chaud et sucré à vos amis lors d’une dégustation poétique.

Chanson d’automne

Une feuille morte

se détache

de l’arbre.

L’automne est là.

Une châtaigne

sort

de sa bogue.

L’automne est là.

Un voile blanc

recouvre

la pelouse.

L’automne est là.

L’écureuil

cueille

la noisette.

L’automne est là.

Le champignon frileux

se blottit

au pied de l’arbre.

L’automne est là.

Mille couleurs

envahissent

la nature.

L’automne est là.