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Vendanges

Les vendanges ont commencé

Alors que l’été n’est pas encore fini.

La canicule a mûri précocement les grappes.

Dans les rangs, sécateur en main,

Hommes et femmes s’activent avec ardeur.

Dans le vallon, les feuillages colorés

Dansent au gré d’une brise légère.

Douceur de l’air parfumé,

Aboiements des chiens excités,

Rires des vendangeurs après l’effort.

Les vendanges ont commencé.

L’été tout doucement se termine

Sur une note joyeusement colorée.

L’été se meurt

Nuage sombre à l’horizon,

Bruine légère au lever du jour,

Air plus piquant en matinée,

L’été se meurt.

Soleil plus paresseux dans la journée,

Vendangeur coupant la grappe mûre,

Dans le taillis, mûres goûteuses,

L’été se meurt.

Le figuier arbore fièrement ses fruits,

La guêpe goûte la prune juteuse,

L’écureuil engrange ses noisettes,

L’été se meurt.

Finies les heures chaudes à l’ombre

Ou dans les vagues océanes,

L’été se meurt.

Vendanges

Qu’il est doux

Le temps des vendanges !

Mille couleurs

Embellissent la campagne

Sous les feux

Des derniers rayons.

Sécateur en main,

L’homme coupe

La grappe dorée.

Un vol de grives

Prend son essor.

Douceur de l’air,

Bonheur de vivre,

Chemin odorant.

Qu’il est doux

Le temps des vendanges !

Chemin de campagne

Dans le petit chemin menant au village

S’entend le gazouillis d’un ruisseau

Tombant en cascade légère sur les pierres moussues.

Au pied d’un prunier sauvage,

Je ramasse quelques fruits au goût acide.

Plus loin, un buisson de mûres

Me promet mille délices.

Le chant des oiseaux m’accompagne

Protégée par une ombre bienfaisante.

Le figuier étend son feuillage dentelé

Où se cachent ses fruits goûteux.

Je passe sur le petit pont de bois

Et tente de voir les timides écrevisses.

Assise sur un tronc, je respire doucement

Loin des remous du monde moderne.

Fin d’été

Une feuille tombe

Un air plus frais

Un soleil plus pâle

Un jour plus court

L’été s’en va…

Grappe mûre

Noisette sur le sol

Prune juteuse

L’été s’en va…

Oubliés, jeux de plage

Finie, sieste à l’ombre

L’été s’en est allé…

Étés d’enfance

J’ai six ans

Je suis dans ma chambre

Maman a dit

Sieste obligatoire.

Dehors, le soleil brûle.

Dans le silence,

Une mouche vole

Puis se pose sur ma joue,

Repart et va se poser ailleurs.

Dans mon demi-sommeil,

Ce bruit ténu m’invite

A mille rêves légers.

Souvent, au cœur de la canicule,

Me reviendra ce souvenir

Heureux

De mon enfance.

L’homme nouveau

Au siècle dernier,

On envoyait encore des lettres.

On choisissait un beau papier

De teinte pastel de préférence

Avec l’enveloppe assortie.

On cherchait les mots avec soin

Pour dire tout son amour à la personne.

Puis on collait le timbre avec soin

Et on prenait le temps d’aller à la boîte aux lettres.

Pour accéder à la connaissance,

L’Encyclopédie en multiples volumes

Nous renseignait après maintes recherches.

Puis,un jour, arriva le nouveau siècle

Sur les chapeaux de roue.

L’Homme devint pressé de vivre.

La machine l’y incita:

Ordinateurs, téléphones portables, tablettes…

Il décida de vivre à cent à l’heure

Évitant de penser à son déclin.

Sur les écrans, l’actualité se déchaîna.

Les familles ne prirent plus le temps

De se connaître, de se comprendre, de s’épauler.

Homme du siècle nouveau, quand t’arrêteras -tu

Pour mettre un peu de lenteur dans ta vie?

Éloge de la lenteur

Sortir de chez soi, le matin tôt,

Se diriger vers la forêt proche,

Écouter le réveil des oiseaux,

Le chant de la tourterelle.

Admirer le bourdon sur la fleur,

Suivre son vol saccadé ;

Lever la tête et voir la cime des grands pins

Osciller sous la brise estivale.

Dans le ciel, passe une mouette…

Au loin, le grondement de l’océan.

S’asseoir sur la pierre moussue

Éclaboussée par le soleil.

Présenter son visage aux rayons encore timides ;

Reprendre sa route sur le chemin herbeux

Lentement, sans but, sinon celui du bonheur.

Passion

Je t’invite à venir dans ce pays merveilleux

Loin des guerres, loin des haines

Où mon regard , dans le gris de tes yeux ,

T’invitera à de douces chaînes.

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Là -bas, tout est calme et serein.

Notre amour vivra sans contraintes ;

Dans nos gestes, nulle crainte,

Dans nos ébats, nul frein.

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Long fut le temps du déni.

La vérité se fit au réveil d’un matin

Promettant un futur béni.

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Répondras-tu à mon invitation ?

Tes sentiments me sont inconnus

Et laissent en attente ma passion.