Archive | septembre 2012

SYNONYMES

Avez-vous de l’argent sur vous?

Me demanda-t-il.

Oui, des sous, du fric,

Du pèze, du pognon, quoi!

Je lui répondis:

Je n’ai que des picaillons

Et un peu d’oseille.

Autrefois, j’avais une bonne galette

Surtout du numéraire,

De bonnes espèces trébuchantes.

 

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Il se disait écrivain,

Auteur reconnu de plusieurs ouvrages.

Il pensait être tantôt romancier et prosateur

Tantôt poète et dramaturge.

C’était peut-être un homme de lettres

Surtout un littérateur et un plumitif,

Certains disaient même

Un écrivailleur, un écrivassier.

On entendit même un chieur d’encre…

Aujourd’hui, je me bats

Pour gagner un peu de monnaie et de mitraille.

ARC-EN-CIEL

ImageVIOLET, le nuage d’orage

INDIGO, la nuit étoilée

BLEU, le ciel d’été

VERT, la frondaison de l’arbre

JAUNE, le coeur de la fleur

ORANGE, le pétale de soie

ROUGE, la braise dans la cheminée.

La nature est un arc-en-ciel de couleurs.

CLES

Tige de bronze poli

Anneau aux courbes gracieuses

Tu ouvres les portes

Du cabinet des secrets,

De l’armoire campagnarde,

De la lourde malle

Au grenier endormie;

Tu nous ouvres la porte des songes,

De l’évasion champêtre,

De la partition musicale.

Clé des songes,

Clé des champs,

Clé de sol,

La serrure t’appelle

Pour nous ouvrir

La porte de la liberté.

ENFANCE

Qu’ils étaient doux ces jours

De mon enfance

Ils sont partis pour toujours

Dans l’errance.

 

Liberté des jeux champêtres

Aux jours d’été

Le soleil brillait à la fenêtre

La chaleur était fêtée.

 

Cocon moelleux

Des journées d’hiver

Comme on était heureux

Près de notre mère.

 

Protecteurs de la famille

Dans la vie confiants

Gais comme des joyeux drilles

Les hommes étaient des enfants.

BONHEUR

ImageAu détour du chemin herbeux

Sentant la prunelle et le chèvrefeuille,

J’arrivais au bord d’une eau verte

Nichée dans un écrin de verdure.

 

Dans la touffeur d’un après-midi d’été,

Un poisson sauta hors de l’onde,

Le martin-pêcheur s’envola vers l’azur.

Calme, silence, sérénité.

 

Je m’assis sur un talus moelleux

Emplie d’un bonheur simple.

Calme, silence, sérénité.

 

Sortie de mon rêve ébloui

Je m’en allai par le chemin;

Le bonheur m’avait effleurée.

LE TIROIR AUX SECRETS

Dans toute maison, on trouve un tiroir aux secrets; qu’il soit dans la cuisine ou au salon, il regorge de richesses en sommeil: un livre de cuisine, une vieille pipe, une clé de valise (mais quelle valise?), des jetons de supermarché, une lampe usagée, un porte-clés, des tickets de métro (sont-ils encore bons?), un briquet vide, des cure-dents…Quand on cherche un objet égaré, on ouvre toujours ce tiroir avec espoir; mais la déception est toujours au rendez-vous. On se morigène: »Quand jetterai-je ces saletés? »Mais, année après année, le tiroir s’enrichit de mille petits riens, atomes de nos vies.

ELOGE DE L’ENNUI

Aujourd’hui, je m’ennuie

Je tourne en rond

Je vais, je viens

Il pleut, je ne peux sortir

Il fait trop chaud

J’étouffe!

Que puis-je faire?

Je n’ai pas de projets.

L’ennui, quel ennui!

Je pourrais lire

Si j’en avais envie

Ou cuisiner

Si cela me plaisait.

Mais je reste là, assise,

La pensée dans le vague.

Soudain, mais oui, bien sûr,

Je vais la peindre cette aquarelle

Que l’on m’a demandée!

Et ce film, il faut que je le voie

Absolument!

Mais je devrais plutôt téléphoner

A une amie

Pour venir marcher avec moi!

Que d’idées m’assaillent soudain!

L’ennui est source de créativité;

On ne le pratique plus assez de nos jours;

L’ennui est interdit

Aux petits comme aux grands!

ETERNITE

ImageSeuls sur notre planète douillette, loin des autres

Nous nous aimons tendrement et éternellement

Sans souci du futur, avec émerveillement;

Même quand nous dormons, nous veillons l’un sur l’autre.

 

Dans notre jardin d’éden paradisiaque,

Nos rêves échevelés deviennent réalité,

Ignorants et dédaigneux de l’adversité.

Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d’un lac

 

Pèse sur nos deux coeurs sans recours.

Plus fort et plus solide que le roc,

Notre amour , depuis l’éternité , réciproque

Sans rire et sans pleurer dure depuis toujours.

 

Combien d’années derrière nous

Resteront les témoins éblouis de notre union

Et raconteront les heures de notre communion

Un jour après un jour, une nuit après nous.

Le clown triste

Pirouette sur le tapis,

Pieds en l’air, tête en bas,

Figure enfarinée, lèvres rouges,

Chapeau en équilibre,

Le clown est là,

Sourire maquillé;

Le clown rit

Le clown est triste

Le clown rentrera seul

Dans sa roulotte froide.

Le public ne sait pas

Le clown les amuse

Le public ne sait pas

Il s’en va, il a bien ri.

Le clown dans sa glace

Regarde sa solitude.