Bonheur ! Bonheur !
Oh! Une fleur épanouie !
Ne la cueille pas!
Hume son parfum
Et ne la laisse faner.
Un bonheur est là, tout près,
Regarde-le bien, il est fragile.
Bonheur ! Bonheur !
Oh! Une fleur épanouie !
Ne la cueille pas!
Hume son parfum
Et ne la laisse faner.
Un bonheur est là, tout près,
Regarde-le bien, il est fragile.
Chaleur
Écrasante
Soleil
De plomb
Insectes
Bourdonnant
Chat
Somnolant
Douce
Langueur
Le temps
S’arrête…
Jours
D’été
Jours
De bonheur.
Chaque jour, allumant ma radio
J’entends parler derechef
De meurtres, cambriolages,
Attentats, tremblements de terre,
Abus de pouvoir, violences,
Grèves, femmes battues,
Scandales et fraudes en tous genres.
Pourquoi abaisser le moral des troupes ?
La vie est tellement fâcheuse
Pour tout un chacun.
Ne pourrait-on pas, au début du journal,
Ou à la une de la presse écrite,
Nous réjouir d’une nouvelle optimiste ?
Bonnes actions ne manquent pas ;
Personnes au service des autres,
Efforts pour préserver la nature…
Pourquoi privilégier le malheur
Aux dépens du bonheur ?
Jouissons du bonheur
Quand il nous prend la main.
Doux moments
Heures exquises
Parmi les siens.
Rires d’enfants
Exclamations des grands,
Nuit chaude,
Senteurs marines,
Ciel étoilé…
Le jour s’éteint.
Demain reviendra.
Ne laissons pas
S’échapper le bonheur…
Las! Disais-tu, arrivent les ténèbres !
Oui, mais demain le jour poindra!
La tristesse monte de l’horizon funèbre.
Oui, mais demain la joie reviendra!
Las!Disais-tu , que faire de ma vie?
Vois-tu la beauté de l’univers ?
Jour après jour monte l’ennui.
Regarde le couchant sur la mer.
Las! Disais-tu, l’avenir est morose!
Ta vie passée fut bien douce.
Je ne puis respirer le parfum de la rose.
Viens, allons dormir sur la mousse!
Bougies roses sur le sapin,
Attention au feu
Maman surveille!
Réveil la nuit
Pour surprendre le Père Noël.
Au matin, pieds nus ,
Direction la cheminée.
Excitation, émerveillement
Devant les emballages colorés.
Déchirer, arracher les ficelles…
Oh! La poupée Bella
Avec ses yeux clos!
Oh! Le chariot alsacien au tissu fleuri
Pour coucher le poupon !
Dans les souliers,
Les éternelles « crottes en chocolat »
Introuvables de nos jours.
Rires émus des parents
Devant la joie des enfants.
Noëls d’enfance,
Noëls du bonheur !
Que vous êtes loin!
Je vous garderai toujours
Au fond de mon cœur…
Quelle tristesse l’hiver !
Entend-on dire.
Oh! Ces arbres dénudés,
Ces feuilles disparues,
Ces fleurs mortes,
Cette herbe gelée,
Ces oiseaux envolés !
Oui, mais quand revient
Le printemps, quelle joie!
Ces jeunes pousses,
Ces primevères dans le gazon,
Ce vol dans le ciel,
Ce rayon de soleil !
Pour apprécier le bonheur,
Il faut savoir l’attendre.
On ne savait pas
Que c’était le bonheur !
On allait libres,
Sans autorisation,
Libres de travailler,
De se promener,
De se rencontrer.
On ne savait pas
Que c’était le bonheur !
On se donnait la main,
On s’embrassait ;
Les enfants faisaient des rondes,
Se tenaient par le cou.
On ne savait pas
Que c’était le bonheur !
Un ennemi s’est infiltré,
Un virus infiniment petit,
Invisible, tueur.
La vie s’est arrêtée,
Le bonheur s’est enfui !
Celui-ci me dit:
Le bonheur, mais oui,
Je l’ai rencontré ;
Il est enfoui sous mon or
Bien au chaud dans mon coffre.
Malheur à qui y touchera!
Celui-là répondit:
Ah! Non! Vous n’y êtes pas !
Le bonheur, on le trouve
Loin de chez soi
Dans de lointaines contrées,
Des lieux inexplorés
Envahis d’une ensorcelante végétation.
Dans ma simplicité, je leur dis:
Mon bonheur à moi, il est tout petit,
Il me suit à chaque pas,
Dans la légèreté de l’oiseau ,
La beauté diaphane du lys,
Le sommeil serein de la chatte,
Les yeux de l’enfant émerveillé ;
Je l’ai vu dans la douceur
D’une nuit d’été,
Dans l’arc-en-ciel du couchant,
Dans les vignes à perte de vue.
Je l’ai vu, ce bonheur, aussi
Dans les yeux de l’être aimé…
On vit sans s’apercevoir
Que le bonheur est fragile.
Vivons l’instant présent,
L’avenir est indocile.
On regrette ce que l’on n’a pas
Mais on ne profite pas
De ce que l’on a…
On vit à cent à l’heure,
On ne jouit pas des précieuses minutes.
On ne sait pas
Que l’ennemi guette;
Virus, maladie,guerre,
Pandémie, changement climatique…
Apprenons à savourer le présent,
À faire durer la plus petite
Seconde de bonheur.
Le bonheur est fragile.
Ne le laissons pas
S’envoler…