
Dans la cave


Dans le petit chemin menant au village
S’entend le gazouillis d’un ruisseau
Tombant en cascade légère sur les pierres moussues.
Au pied d’un prunier sauvage,
Je ramasse quelques fruits au goût acide.
Plus loin, un buisson de mûres
Me promet mille délices.
Le chant des oiseaux m’accompagne
Protégée par une ombre bienfaisante.
Le figuier étend son feuillage dentelé
Où se cachent ses fruits goûteux.
Je passe sur le petit pont de bois
Et tente de voir les timides écrevisses.
Assise sur un tronc, je respire doucement
Loin des remous du monde moderne.




Une feuille tombe
Un air plus frais
Un soleil plus pâle
Un jour plus court
L’été s’en va…
Grappe mûre
Noisette sur le sol
Prune juteuse
L’été s’en va…
Oubliés, jeux de plage
Finie, sieste à l’ombre
L’été s’en est allé…

J’ai six ans
Je suis dans ma chambre
Maman a dit
Sieste obligatoire.
Dehors, le soleil brûle.
Dans le silence,
Une mouche vole
Puis se pose sur ma joue,
Repart et va se poser ailleurs.
Dans mon demi-sommeil,
Ce bruit ténu m’invite
A mille rêves légers.
Souvent, au cœur de la canicule,
Me reviendra ce souvenir
Heureux
De mon enfance.







Au siècle dernier,
On envoyait encore des lettres.
On choisissait un beau papier
De teinte pastel de préférence
Avec l’enveloppe assortie.
On cherchait les mots avec soin
Pour dire tout son amour à la personne.
Puis on collait le timbre avec soin
Et on prenait le temps d’aller à la boîte aux lettres.
Pour accéder à la connaissance,
L’Encyclopédie en multiples volumes
Nous renseignait après maintes recherches.
Puis,un jour, arriva le nouveau siècle
Sur les chapeaux de roue.
L’Homme devint pressé de vivre.
La machine l’y incita:
Ordinateurs, téléphones portables, tablettes…
Il décida de vivre à cent à l’heure
Évitant de penser à son déclin.
Sur les écrans, l’actualité se déchaîna.
Les familles ne prirent plus le temps
De se connaître, de se comprendre, de s’épauler.
Homme du siècle nouveau, quand t’arrêteras -tu
Pour mettre un peu de lenteur dans ta vie?



