Océan immense, vagues
À perte de vue…
Reflets verts ou gris,
Écume blanche.
Soleil couchant
Qui se noie dans les flots.
Océan calme, eau trompeuse,
Océan fougueux
Fragile est une vie.
Profitons de l’instant,
Il est éphémère.
Savaient-ils, ceux de Barcelone,
Qu’ils n’avaient plus qu’un jour,
Puis une heure, puis une minute
À vivre…
Un instant dans une vie,
C’est une pierre précieuse ;
Savourons-le jusqu’au bout.
Fini l’ennui, le dégoût des choses!
Pensons que cet instant
Est peut-être
Le dernier…
Sieste sous les pins
Caressée par la brise de l’océan .
Cigales s’égosillant.
Bonheur, ne t’en va pas…
Assise sur la plage,
Je contemple la mer sereine
Aux reflets changeants sous le soleil.
Modestie face à l’immensité…
Allongée sur ma serviette,
Yeux fermés,
J’écoute le bruit des vagues,
Le cri des enfants,
Des mouettes,
Les voisins parler…
Qu’il fait bon se retrouver
En bord de mer!
Ramassage de coquillages sur les rochers
À marée basse,
Douceur de l’air,
Bruit de la mer au loin,
Senteur d’iode des algues;
Sous la pierre un crabe
Laissons-le dormir.
Minuscules crevettes transparentes
Nageant dans les trous d’eau,
Cueillette des bigorneaux
Et patelles.
Promenades en bateau,
Phare qui s’éloigne
Avec les maisons;
Vent qui fouette
Cheveux au vent
Sillons blancs
Derrière la coque.
Allongée sur le sable,
Je sommeille
Engourdie par la chaleur.
Les bruits de la plage
Me bercent:
Vagues qui se brisent,
Cris des enfants,
Conversations des voisins,
Vendeurs de beignets,
Pleurs d’un bébé…
Bruits des vacances…
Qu’il fait bon être étendue
Sur le sable,
Oublier le monde,
Ne penser qu’au bonheur
J’avais une amie
Elle est partie
Un beau matin
Vers quels horizons?
Elle est partie loin,
Trop loin.
Plus jamais je ne verrai
Son sourire m’accueillir.
Plus jamais je ne peindrai
En sa compagnie.
Plus jamais , la tisane d’hibiscus.
Plus jamais, le tour de son jardin.
Pourquoi faut-il
Qu’ils nous quittent
Ceux que l’on aime?
À perte de vue, un tapis
De pâquerettes et fleurs jaunes.
Sur l’arbre, éclatent les bourgeons.
Partout, des arbres en fleurs.
Dans le gazon, se pavanent les tulipes
Et la jonquille.
Sur la branche, siffle le merle.
Dans le buisson, l’oiselle
Couve ses œufs.
Partout des couleurs,
Des bruits, de la douceur…
Le printemps est un enchantement
Pour les sens.
Homme, qu’as-tu fait de la planète ?
On te donna une terre vierge
De toute pollution:
Mers aux eaux limpides,
Purs torrents,
Grasses prairies verdoyantes,
Air léger à respirer.
Homme, qu’as-tu fait de ce don originel?
Pourquoi ces poissons morts,
Pourquoi ces nuages sombres,
Pourquoi ces espèces disparues,
Pourquoi ces forêts dévastées ?
Homme, qu’as-tu fait de la planète ?
Un point rose sur la branche,
Serait-ce une fleur?
Février est encore là!
Le prunus s’éveille.
De minuscules feuilles
Pointent leur nez d’émeraude.
La neige tombe toujours.
Le printemps ne vaincra pas encore
Mais pour combien de temps?
Les saisons, quelle merveille!
Voir les infimes changements:
Un air plus frais ou plus doux,
Un bourgeon timide, un vol d’oiseaux,
Un rayon plus chaud, une herbe reverdie…
Les saisons, quel bonheur!
Quelle tristesse l’hiver!
Entend-on dire.
Oh! Ces arbres dénudés,
Ces feuilles disparues,
Ces fleurs mortes,
Cette herbe gelée,
Ces oiseaux envolés!
Oui, mais quand revient
Le printemps, quelle joie!
Ces jeunes pousses,
Ces primevères dans le gazon,
Ce vol dans le ciel,
Ce rayon de soleil!
Pour apprécier le bonheur,
Il faut savoir l’attendre.