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Passion

Je t’invite à venir dans ce pays merveilleux,

Loin des guerres, loin des haines

Où mon regard, dans le gris de tes yeux,

T’invitera à de douces chaînes.

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Là- bas, tout est calme et serein.

Notre amour vivra sans contraintes ;

Dans nos gestes, nulle crainte,

Dans nos ébats, nul frein.

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Long fut le temps du déni.

La vérité se fit au réveil d’un matin

Promettant un futur béni.

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Répondras-tu à mon invitation ?

Tes sentiments me sont inconnus

Et laissent en attente ma passion.

Océan

Sous les pâles lueurs de l’aube, elle s’étend,

Infinie et lisse jusqu’à l’horizon bleu,

Mer sereine aux couleurs changeantes des cieux

Assaillie par le vol aérien des goélands.

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Sous les rayons du soleil au zénith brûlant,

Les vagues écumeuses arrondissent leurs creux

Et viennent lécher les rivages caillouteux

D’un doux geste de désir ensorcelant.

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Quand le soir descend sur l’horizon embrasé,

Les flots étincelants de pourpre ensanglantée

S’endorment aux vives lueurs des cieux irisés.

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Océan furieux dans toute ta majesté,

Tes eaux rugissantes, sur le bateau brisé,

Se ruent dans la violence et la férocité.

Hiver

Voilà le vent fou de l’hiver qui me transperce.

Les arbres dépouillés se penchent sous son souffle.

Mais, lentement, lentement, la bourrasque s’essouffle

Et la brise légère doucement me berce.

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Sur l’étang gelé, la vieille barque se renverse ;

Sous le vieux pont de pierre, la bise s’engouffre

Comme dans un insondable et vertigineux gouffre ;

Soudain, un déluge de gouttes se déverse.

Givre

Ce matin, à mon réveil,

Ma fenêtre m’offrit

Mille merveilles :

Étoiles magiques,

Animaux fantastiques

Auréolés de poudre

De diamants.

Le givre annonçait

Le retour de la saison froide.

Au jardin, l’élégante rose

Arborait sa parure scintillante,

Entourée d’une verdure

Frissonnante.

Épitaphe pour la langue française

Que devient notre belle langue

Au milieu des anglicismes ?

Nous n’allons plus courir,

Nous faisons notre footing.

N’allez plus garder bébé,

Faites du baby-sitting.

Ciel! Que de rides dans le miroir !

Vite! Un lifting !

Cet été, Aristide et Chloé

Vont faire du yachting.

Leur fils Édouard fera du skating

Et peut-être ira-t-il au bowling !

Monsieur met son smoking

Pour aller au meeting ;

Il faut garder son standing !

Madame consulte son planning ;

Ne pas oublier son cours de stretching

Ni de faire son brushing !

Que devient notre belle langue ?

Synonymes

As-tu déjà connu le bonheur,

Celui dont on parle dans les livres ?

Non pas la simple joie

Ni l’euphorie d’un instant

Où soudain, la vie te sourit.

Non plus le plaisir

Que te procure la gourmandise

Ou l’histoire filmée.

Ce n’est pas encore la félicité

Ni même la béatitude de nos saints.

Non, le bonheur simple,

Celui des petites choses de tous les jours :

Le sourire d’un enfant,

Le vol d’un oiseau,

La fleur perlée de rosée,

La douceur du chocolat,

Le regard bienveillant d’un ami…

Neige

Le ciel est couleur de plomb,

Une bise aigre se faufile sous la porte.

La nature est au garde-à -vous ;

La neige s’annonce.

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J’attends derrière ma fenêtre ;

Un flocon timide hésite à descendre

Suivi d’autres plus téméraires.

Devenus plus nombreux, ils tournent et virevoltent.

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Un épais tapis blanc recouvre le jardin.

Les arbres tendent leurs bras décharnés

Vers les joyeux lutins blancs

Et leur offrent le refuge de leurs branches.

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Le moineau sautille sur ses pattes gelées

A la recherche d’une rare pitance.

Un vol d’oiseaux noirs s’abat sur la neige

En salissant sa blancheur.

Sonnet à l’hiver

Cette nuit, sans bruit, la neige est tombée

Tout doucement, pendant mon sommeil.

A mon réveil, je l’ai sentie;

Un silence inhabituel,

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Le bruit d’une voiture assourdi

Par l’épais et moelleux tapis.

L’hiver est bien là, il s’annonce

En changeant toutes choses.

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Où se cache le banc du jardin

Ou le tas de bois près du garage?

Quelques tiges dénudées sortent du massif

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Et implorent les cieux sans pitié.

Cette nuit, sans bruit, la neige est tombée

Tout doucement, pendant mon sommeil.

Il a neigé

Cette nuit, il a neigé ;

Je l’ai su au silence

Tombé sur la maison.

Le rouge-gorge crie sa détresse.

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Cette nuit, il a neigé ;

Le jardin est enseveli

Sous un édredon moelleux.

Une herbe fragile se dresse.

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Cette nuit, il a neigé ;

L’arbre décharné tend vers le ciel

Ses bras tortueux.

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Cette nuit, il a neigé ;

Le monde est blanc,

Le monde est pur.