Sa voiture était de première main
Mais sa maison de seconde main.
Il prépara son coup de longue main;
Je l’approuvais des deux mains.
Il eut la main heureuse
Bien que souvent légère.
J’avais les mains libres
Pour l’aider.
Je lui remis la lettre en main propre;
Mais un cambrioleur fit main basse
Sur tous ses tableaux.
Cette idée ne lui fit pas battre des mains;
Il n’aimait pas qu’on lui force la main;
Il faillit en venir aux mains;
Il porta même la main sur le voleur.
Mais il avait perdu la main;
Alors, il s’en lava les mains
Et serra la main au bonhomme!
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Synonymes
Avez-vous de l’argent sur vous?
Me demanda-t-il.
Oui, des sous, du fric,
Du pèze, du pognon, quoi!
Je lui répondis:
Je n’ai que des picaillons
Et un peu d’oseille.
Autrefois, j’avais une bonne galette
Surtout du numéraire,
De bonnes espèces trébuchantes.
Aujourd’hui, je me bats
Pour gagner un peu de monnaie et de mitraille.
Il se disait écrivain,
Auteur reconnu de plusieurs ouvrages.
Il pensait être tantôt romancier et prosateur,
Tantôt poète et dramaturge.
C’était peut-être un homme de lettres
Surtout un littérateur et un plumitif,
Certains disaient même
Un écrivailleur, un écrivassier,
On entendit même un chieur d’encre…
Pourquoi les objets ne nous aiment-ils pas?
Pourquoi les objets ne nous aiment-ils pas?
Allez donc savoir pourquoi!
Première étape matinale, le café.
Après une nuit de jeûne,
Quel réconfort!
Mais quelle idée a donc la tartine
De tomber dans la tasse
En éclaboussant mon déshabillé rose?
Et tant qu’on y est
Pourquoi au même instant
La cuillère atterrit-elle par terre?
Ne pas montrer sa mauvaise humeur.
En route pour la salle de bains;
Pourquoi ce maudit savon
Me glisse-t-il des mains
En semblant me narguer?
Est-il de mèche avec le peigne
Qui en profite pour perdre trois dents?
Ne pas se mettre en colère.
Prendre sa voiture
Ou plutôt essayer.
Va-t-elle démarrer?
Non, on verra plus tard…
C’est le jour des courses,
Prenons un chariot;
Où est passée ma pièce?
Ah! La voilà! Ouf!
Mais pourquoi ne veut-elle pas
Libérer le chariot?
Que lui ai-je fait?
Si j’achetais un bouquet!
Je le mettrais dans mon joli vase bleu.
Las! Pourquoi t’es-tu brisé
Lâché par mes mains maladroites,
Dernier souvenir
De ma jeunesse?
Qu’a-t-on fait aux objets
Pour qu’ils ne nous aiment pas?
Le bonheur
Le bonheur, c’est un rayon de lune
Le bonheur, c’est la fleur sur la branche
Le bonheur, c’est le vent dans les arbres
Le bonheur, c’est la mer au loin
Le bonheur, c’est l’enfant joyeux
Le bonheur, c’est la flamme dans l’âtre
Le bonheur, c’est le lit douillet
Le bonheur, c’est le livre dévoré
Qui a dit que le bonheur n’existe pas?
Solitude
Solitude du berger dans la montagne
Solitude de la biche égarée
Solitude du marin face aux flots
Solitude des grands espaces
Solitude du peintre devant la toile
Solitude de l’écrivain devant la feuille
Solitude de la vieille au coin du feu
Solitude du chien abandonné
Solitude de la pierre au milieu du champ
Solitude de mon cœur…
Mois
Janvier inauguré l’année
Chauffons à l’âtre nos pieds.
Février, l’hiver avance doucement
Gardons-nous au chaud frileusement.
Mars, premiers bourgeons éclatant
Long hiver finissant.
Avril, gai mois farceur
Éloigne de nous la froideur.
Mai, trois lettres seulement
Composent ton nom charmant.
Juin, soleil un peu timide
Au petit matin, pelouse humide.
Juillet, l’été est revenu
A la plage sommes à moitié nus.
Août, longues siestes à l’ombre
Promenades et baignades sans nombre.
Septembre, le bel automne arrive
Dans l’air, chante la grive.
Octobre, matinales gelées blanches
L’oiseau frileux chante sur la branche.
Novembre, hiver te voilà de retour
Finie la saison des amours.
Décembre, bientôt arrivera la fête
Lumières, cadeaux et joie en tête.
Avril
L’éveil du jardin
Dans l’herbe tendre,
Une frêle pâquerette
Puis deux, puis trois,
Une multitude de corolles
Émergent frileusement.
Le printemps est là!
Une chanson se fait entendre :
Le merle fait sa cour.
Une beauté se pavane
Dans le massif : la tulipe
A la robe écarlate.
Le printemps est là!
Dans le buisson,
Les oisillons pépient.
Le soleil, de ses rayons légers,
Caresse la nature naissante.
Le printemps est là!
Rêves
Rêve d’un monde où partout règne la beauté,
Rêve d’un tendre et fol amour éternel,
Rêve d’une belle amitié immortelle,
Rêve d’un ailleurs aux rives enchantées.
Rêve éthéré et pur dans l’immobilité
Du petit matin langoureux d’un jour pastel,
Rêve de l’âtre où jaillit la vive étincelle,
Rêve de calme bonheur et d’éternité.
Rêve de paix retrouvée sur une terre embrasée,
Rêve enfui d’harmonie et de vie radieuse
Dans un monde cruel et désabusé.
Rêve de beautés pulpeuses et trompeuses,
Rêve de mortelles blessures cicatrisées,
Rêve d’amour infini et de vie harmonieuse.
Printemps
Dans l’air matinal,une douceur se dessine.
Les tardives gelées blanchissent l’herbe tendre.
Dans le pré verdi, la vache blonde rumine.
L’oiseau sur la branche lance son cri aigu.
Les tardives gelées blanchissent l’herbe tendre.
Les blanches pâquerettes éclosent dans le champ.
L’oiseau sur la branche lance son cri aigu.
La pâle et frêle jonquille s’éveille au soleil.
Les blanches pâquerettes éclosent dans le champ.
Le merle sombre siffle dans le jardin vert.
La pâle et frêle jonquille s’éveille au soleil.
Dans les nids douillets, piaillent les oiselets neufs.
Le merle sombre siffle dans le jardin vert.
Grues et oies cendrées reviennent du long voyage.
Dans les nids douillets, piaillent les oiselets neufs.
Dans l’air matinal, une douceur se dessine.


