Que j’aimerais être un chat
Pour me prélasser sur le sofa!
Ouvrir un œil
Sur le seuil.
S’étirer, s’étirer longuement
Tout en miaulant…
Une vie de chat
Vie de pacha.
Que j’aimerais être un chat!
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Rimes
C était un collectionneur
De pantoufles.
C’était un baragouineur
De mots vides.
C’était un bouquineur
De vieux livres.
C’était un carillonneur
De cloches fêlées.
C’était un dégaineur
D’épées tordues.
C’était un enquiquineur
De première.
C’était un gouverneur
De ville morte.
C’était un harponneur
De poissons rouges.
C’était un moissonneur
De blé flétri.
C’était un promeneur
Solitaire.
C’était surtout un ronchonneur!
Matin de Noël à la pâtisserie
Un énorme soupir se fait entendre dans la pâtisserie encore silencieuse. Une petite voix jaillit du comptoir où reposent au milieu de guirlandes de savoureux gâteaux:
« -Qui se plaint en ce matin béni?
-C’est moi, la bûche au chocolat. Je suis épuisée par cette nuit sans sommeil.
-Et nous, alors, rétorquent les marrons glacés, tu as vu comme on nous traite? On nous épluche sans ménagement, on nous enrobe de sucre écoeurant puis on nous enferme dans une boîte; bonjour la clostro!
-Taisez-vous les gars! Y’a du monde qui arrive, avertissent les petits chocolats. »
La clochette de l’entrée, en effet, n’arrête pas de se faire entendre. Des clients emmitouflés, les joues rougies par le froid, arrivent.
-« J’aimerais une bûche au chocolat pour six personnes, avance une dame aux cheveux blancs.
-Non, je m’en doutais, c’est toujours moi qui pars la première. Adieu, mes amis, je vous ai peu connus mais je vous regrette déjà.
-T’en fais pas, la rassurent les petits chocolats. Tu vas être la reine de la table de Noël. On va te poser sur un magnifique plat de porcelaine. Tu vas trôner au milieu de la table et tout le monde va te manger des yeux.
-Oui, toi, on va t’admirer avant de te déguster, renchérissent les marrons glacés. Tandis que nous, on nous prend et hop…dans la bouche!
–
L’avant Noël
Ca y est! Décembre est arrivé avec les premiers marchés de Noël! C’est comme une maladie contagieuse; le commun des mortels est gagné par une fièvre carabinée: la fièvre acheteuse. L’obligation de cadeaux est dans l’air.Va-t-on trouver la dernière tablette du marché pour belle-maman ou la paire de pantoufles anglaises pour beau-papa? Albertine aimerait bien un nouveau pull mais en cachemire.Comptons un peu nos sous; ne pas oublier la « bouffe » du réveillon.J’allais oublier…le compagnon de mes jours et de mes nuits; ne pas acheter la même chose que l’an dernier…Mais, qu’était-ce, au fait?Mais il est bon que les coûtumes perdurent; il en est tant qui s’en sont allées!
Bonheur
Sentant la prunelle et le chèvrefeuille,
J’arrivai au bord d’une eau verte
Nichée dans un écrin de verdure.
Dans la touffeur d’un après-midi d’été,
Un poisson sauta hors de l’onde,
Le martin-pêcheur s’envola vers l’azur.
Calme, silence, sérénité.
Je m’assis sur un talus moelleux
Emplie d’un bonheur simple.
Calme, silence, sérénité.
Sortie de mon rêve ébloui
Je m’en allai par le chemin;
Le bonheur m’avait effleurée.
Expressions
A force de marcher, j’ai mal aux pieds.
Il ne fallait pas aller là-bas à pied
Mais prendre la voiture ou le vélo.
Tant pis pour moi si j’ai fait
Des pieds et des mains pour arriver là-haut!
J’y suis pourtant allé au pied levé
Mon usine m’ayant mis à pied.
Cela, bien sûr, m’a cassé les pieds!
Mais j’ai remis les pieds sur terre.
Il faut bien se remettre sur pied
Comme après une maladie,
Même si on ne sait pas
Sur quel pied danser!
Expressions
Donner est un grand mot,
Un mot universel.
On peut donner cent euros,
Donner sa place ou le sel;
Se faire donner un siège,
Donner au jeu les cartes;
Ou donner l’heure.
On peut donner un ordre,
Donner un rendez-vous,
Pourquoi pas donner une punition
Pour avoir été donné à la police.
Le vigneron est content:
La vigne a bien donné.
La télévision, ce soir, donne un bon film,
J’espère qu’il me sera donné de le voir!
Cet enfant me donne du souci,
Celui-là me donne du plaisir.
Donnez-moi un coup de main,
Certes pas un coup de poing!
Il donna sa démission,
Je lui donnai raison.
Je le donnai même en exemple.
Expressions
Que de choses peut-on porter!
On peut porter sa valise;
Le boulanger nous porte le pain
Et les croissants.
Ma soeur porte une belle robe;
L’ancien combattant porte ses médailles.
L’étagère de mon bureau porte un tas de livres.
Il porta la main à sa bouche pour bâiller.
On n’avait pas porté son nom sur la liste.
Mon cerisier porte des fruits délicieux.
Il fut mal conseillé
Ce qui le porta à commettre son forfait
Et porta la colère de tous au maximum;
Mais on lui porta un coup bas
Car, il avait porté tort à tous.
Personne ne lui porta secours!
Les quatre vies de SophieH.
QUATRIEME PARTIE: Au sommet de l’histoire
Sophie H. naquit un beau jour de printemps de l’année 1954 dans une famille modeste. Petite, menue, un rien chétive, sa santé donna longtemps à désirer à tel point que ses parents pensaient que sa vie s’achèverait dans sa prime jeunesse. Mais il n’en fut rien, son désir de vivre fut si grand qu’elle devint une belle jeune fille au tempérament gai et optimiste. Elle avait une grande passion, celle des animaux sauvages. Sa chambre regorgeait de livres et revues sur le sujet. Quel bonheur ce serait de pouvoir les soigner! pensait-elle parfois un brin nostalgique. Mais devenir vétérinaire demandait des études longues et coûteuses qui auraient grevé le budget familial. Elle avait dû se rabattre sur des études de droit qui la mèneraient…sans doute quelque part un jour. Le week-end, Sophie sortait avec des amis « intellos branchés » qui la trainaient de café philo en meeting polititique. Un peu agacée au début par tous ces bla bla bla, elle commença à s’intéresser un peu à la politique après avoir écouté un jeune leader du parti schtroumphiste tout de bleu vêtu; ayant chauffé la salle par son discours convaincant, il descendit de la tribune et serra des mains en particulier celle de Sophie. Leurs yeux se rencontrèrent et Sophie sut qu’elle devait lui parler. Quelle ne fut pas sa surprise quand le jeune homme lui proposa d’aller prendre un verre au bar! Ils discutèrent à bâtons rompus de tout et de rien hormis de politique; ils décidèrent de se revoir régulièrement. Sophie H.l’accompagna à de nombreux meetings politiques où il soulevait l’enthousiasme des foules.
Or, un jour, après une discussion où Sophie lui exposa plusieurs idées très pertinentes, il lui proposa de la soutenir si elle se présentait à la présidence de la république. Les élections présidentielles devaient avoir lieu dans quelques mois et la campagne électorale n’allait pas tarder à commencer. Sophie, suffoquée, lui fit remarquer qu’il était mieux à même qu’elle pour prétendre à cette fonction. Il lui rétorqua qu’il voulait bien défendre les idées de son parti mais qu’il ne se voyait pas à la tête de l’état. Encouragée par tous leurs amis, elle obtint toutes les signatures requises.Ce fut donc elle qui monta à la tribune pour exposer son programme; son succès allait grandissant, toujours épaulée par son schtroumph en costume bleu; si bien que le jour fatidique, les français virent sur leur écran apparaître petit à petit…un portrait féminin, pour la première fois dans l’histoire, celui de SophieH.
La France avait enfin une Présidente de la République! Bien sûr, elle n’oublia pas ses premières amours, les animaux sauvages. Chaque ville eut son zoo et son cirque.
FIN
Amusettes
Par colère, il jeta son jouet
Par colère, il tapa du pied
Par colère, il trépigna
Par colère, il s’égosilla
Par colère, il se roula par terre
Par colère, il s’essouffla.
Par fatigue, il s’endormit.
Par amour, j’ai tout quitté
Par amour, j’ai renié ma famille
Par amour, j’ai renié mes amis
Par amour, je me suis exilée
Par amour, j’ai fui la sécurité
Par amour, j’ai oublié les joies
Par amour, j’ai supporté les peines
Par amour, je te suivrai toujours.
