



Hiver, te revoilà ! Avec le givre sur la fenêtre ?
Avec la pelouse blanchie et craquant sous les pas?
Avec la neige tombant sur les sommets ?
Avec l’oiseau criant sa faim, avec la bûche dans l’âtre rougeoyant ?
Hiver, te revoilà avec la douceur du printemps,
Un soleil caressant, des oiseaux repus,
Des arbres bourgeonnant, des timides fleurs,
Les cheminées froides.
Hiver, où es-tu? Que nous réserves-tu ?
Notre monde change-t-il que même les saisons
Ne savent plus où elles en sont!



Au pied de la montagne,
Petit chalet frileux se blottit
Seul dans l’immensité…
Pas un bruit
Silence d’éternité…
Sur le rameau dénudé,
Chante l’oiseau esseulé.
Se fait entendre le gazouillis
De la source sous la neige.
De fines traces constellent
Le sol immaculé.
Beauté éternelle…



Ce matin, en ouvrant ma fenêtre,
M’accueillit un concert de cris venus des cieux.
Une compagnie de grues survolait le jardin.
Les oiseaux partent vers des lieux plus cléments.
Ils nous l’annoncent clairement :
L’automne est bien là.
Finie l’écrasante canicule sur la campagne,
Bonjour la fraîcheur de l’air au petit matin.
Effacé le vert des feuilles sur les arbres,
Bonjour les couleurs flamboyantes.
Les fières roses des massifs
Perdent à petit feu leur majesté.
Elles l’ont compris avec amertume :
L’automne est bien là.
Ce matin, en ouvrant ma fenêtre,
La nature m’ a dit à l’oreille :
L’automne est bien là.


L’automne est une belle saison.
Partout des taches de couleur :
Feuille de vigne rousse,
Arbre doré ou rouge,
Un peu de vert encore
Chez le sapin.
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Pour le peintre, quel plaisir !
Plantons le chevalet
Près de l’étang ;
Dans l’eau, reflets or, rouges, orange.
Que de splendeurs!
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Mais au premier coup de vent,
Au premier orage,
Feuilles s’ envolent et tourbillonnent.
Le sol devient tapis coloré
Qui tombera en poussière
Au fil du temps.

Dans le petit chemin menant au village
S’entend le gazouillis d’un ruisseau
Tombant en cascade légère sur les pierres moussues.
Au pied d’un prunier sauvage,
Je ramasse quelques fruits au goût acide.
Plus loin, un buisson de mûres
Me promet mille délices.
Le chant des oiseaux m’accompagne
Protégée par une ombre bienfaisante.
Le figuier étend son feuillage dentelé
Où se cachent ses fruits goûteux.
Je passe sur le petit pont de bois
Et tente de voir les timides écrevisses.
Assise sur un tronc, je respire doucement
Loin des remous du monde moderne.