




La fable du bonheur
Celui-ci me dit:
Le bonheur, mais oui,
Je l’ai rencontré ;
Il est enfoui sous mon or
Bien au chaud dans mon coffre.
Malheur à qui y touchera!
Celui-là répondit:
Ah! Non! Vous n’y êtes pas !
Le bonheur, on le trouve
Loin de chez soi
Dans de lointaines contrées,
Des lieux inexplorés
Envahis d’une ensorcelante végétation.
Dans ma simplicité, je leur dis:
Mon bonheur à moi, il est tout petit,
Il me suit à chaque pas,
Dans la légèreté de l’oiseau ,
La beauté diaphane du lys,
Le sommeil serein de la chatte,
Les yeux de l’enfant émerveillé ;
Je l’ai vu dans la douceur
D’une nuit d’été,
Dans l’arc-en-ciel du couchant,
Dans les vignes à perte de vue.
Je l’ai vu, ce bonheur, aussi
Dans les yeux de l’être aimé…
Mon amie la rose





Promenade printanière





Balcon à Malte

Église grecque

Fable moderne
L’Homme est un animal
Qui s’est toujours adapté
Aux changements de l’Histoire.
À l’annonce du confinement,
Horreur, comment supporter ?
Pourtant, au fil des jours,
On vit l’Homme se poser,
Ralentir, réfléchir…
Tel prit un livre et ne le lâcha plus,
Tel autre découvrit ses enfants,
Les écouta, leur parla…
Celui-ci aida son voisin en détresse,
Celui-là appela son aïeule isolée.
L’Homme redécouvrit la lenteur,
L’empathie, le retour sur soi.
L’Homme est un être d’adaptation.
Confinement
L’homme moderne
Vit, en ces jours,
Une expérience inédite
Appelée confinement.
L’homme , cet animal social,
Se voit obligé
De vivre seul, en retrait,
Loin des siens, loin de ses amis.
Promenades contrôlées
Sous un ciel printanier.
On se salue de loin,
On change de trottoir,
L’autre peut être l’ennemi !
Comment résister à l’ennui ,
A l’angoisse ?
Trouvons en nous des ressources cachées.
Apprivoisons la solitude
Par des lectures, des pensées ;
Exprimons nos sentiments par l’écriture ;
Réfléchissons au retour du bonheur ;
Changeons peut-être de cap.
Le trop-plein d’activités
Nous a fait souvent oublier
Les vraies valeurs de l’existence.
Confinement, aide-nous à entrevoir
Un monde meilleur…
Sur le marché

Haro sur…
Haro sur nous
Gens du vingtième siècle
Qui avons laissé
La planète mourir
A petit feu.
Que laissons-nous
À nos enfants ?
Océans et rivières pollués,
Plastique dans tous les recoins,
Forêts abattues,
Animaux traqués, chassés,
Décimés…
Usines crachant leur haleine empoisonnée,
Véhicules au souffle mortel.
Honte à nous
Qui n’avons pas su
Léguer à nos enfants
Une terre digne
Du Paradis perdu…