
Élégance


Quelle tristesse l’hiver !
Entend-on dire.
Oh! Ces arbres dénudés,
Ces feuilles disparues,
Ces fleurs mortes,
Cette herbe gelée,
Ces oiseaux envolés !
Oui, mais quand revient
Le printemps, quelle joie !
Ces jeunes pousses,
Ces primevères dans le gazon,
Ce vol dans le ciel,
Ce rayon de soleil !
Pour apprécier le bonheur,
Il faut savoir l’attendre.


Un point rose sur la branche,
Serait-ce une fleur ?
Février est encore là !
Le prunus s’éveille.
De minuscules feuilles
Pointent leur nez d’émeraude.
La neige tombe toujours.
Le printemps ne vaincra pas encore,
Mais pour combien de temps ?
Les saisons, quelle merveille!
Voir les infimes changements :
Un air plus frais ou plus doux,
Un bourgeon timide, un vol d’oiseaux,
Un rayon plus chaud, une herbe reverdie…
Les saisons, quel bonheur !

Le printemps arrive
A pas de loup.
Le sifflement du merle,
Le crocus d’or dans le gazon,
La timide pâquerette,
Un pâle rayon,
Le ciel entre nuage et ondée,
La tourterelle sur la branche,
Le pommier en fleurs,
Une douceur dans l’air…
Le printemps arrive
A pas de loup.


Un oiseau m’a dit :
Le printemps est de retour.
Un oiseau m’a dit :
Une rose est née.
Un oiseau m’a dit :
Le merle a sifflé.
Un oiseau m’a dit :
L’herbe verdit.
Un oiseau m’a dit :
Le ciel est d’azur.
Un oiseau m’a dit :
Va dans ton jardin
Et danse dans le soleil.

Ce matin, à mon réveil,
Ma fenêtre m’offrit
Mille merveilles.
Étoiles magiques,
Animaux fantastiques
Auréolés de poudre
De diamants.
Le givre annonçait
Le retour de la saison froide.
Au jardin, l’élégante rose
Arborait sa parure scintillante,
Entourée d’une verdure
Frissonnante.

Hier, dans l’après-midi, la neige s’est invitée chez nous.
De nombreuses années se sont écoulées
Depuis sa dernière visite.
De légers flocons grossissant à vue d’œil
Ont recouvert l’herbe du jardin.
Un oiseau,sur la branche dénudée,
A crié sa solitude.
Au fil des heures, une multitude de papillons blancs
Envahirent le paysage.
Postée derrière ma fenêtre,
Je regardais, une lueur d’enfance dans les yeux,
La nature changer de vêtement.
Me sont revenus d’heureux souvenirs
De matins enneigés dans le village de montagne
Au pied des cimes étincelantes.

Le ciel est couleur de plomb,
Une bise aigre se faufile sous la porte.
La nature est au garde -à vous,
La neige s’annonce.
———————————————————
J’attends derrière ma fenêtre.
Un flocon timide hésite à descendre
Suivi d’autres plus téméraires.
Devenus plus nombreux, ils tournent et virevoltent.
———————————————————
Un épais tapis blanc recouvre le jardin.
Les arbres tendent leurs bras décharnés
Vers les joyeux lutins blancs
Et leur offrent le refuge de leurs branches.
———————————————————
Le moineau sautille sur ses pattes gelées
A la recherche d’une rare pitance.
Un vol d’oiseaux noirs s’abat sur la neige
Et salissent sa blancheur.
