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Rimes

C était un collectionneur
De pantoufles.
C’était un baragouineur
De mots vides.
C’était un bouquineur
De vieux livres.
C’était un carillonneur
De cloches fêlées.
C’était un dégaineur
D’épées tordues.
C’était un enquiquineur
De première.
C’était un gouverneur
De ville morte.
C’était un harponneur
De poissons rouges.
C’était un moissonneur
De blé flétri.
C’était un promeneur
Solitaire.
C’était surtout un ronchonneur!

Beau sapin

Beau sapin
Tu trônes dans la forêt
Fier et couleur
D’émeraude.
L’oiseau frileux
Se niche dans ta ramure.
La biche craintive
S’abrite.
La neige légère
Se pose sur tes aiguilles.
As-tu peur quand le bûcheron
Arrive avec sa cognée?
Verras-tu pour la dernière fois
La campagne endormie?

Matin de Noël à la pâtisserie

R001-018Un énorme soupir se fait entendre dans la pâtisserie encore silencieuse. Une petite voix jaillit du comptoir où reposent au milieu de guirlandes de savoureux gâteaux:
« -Qui se plaint en ce matin béni?
-C’est moi, la bûche au chocolat. Je suis épuisée par cette nuit sans sommeil.
-Et nous, alors, rétorquent les marrons glacés, tu as vu comme on nous traite? On nous épluche sans ménagement, on nous enrobe de sucre écoeurant puis on nous enferme dans une boîte; bonjour la clostro!
-Taisez-vous les gars! Y’a du monde qui arrive, avertissent les petits chocolats. »
La clochette de l’entrée, en effet, n’arrête pas de se faire entendre. Des clients emmitouflés, les joues rougies par le froid, arrivent.
-« J’aimerais une bûche au chocolat pour six personnes, avance une dame aux cheveux blancs.
-Non, je m’en doutais, c’est toujours moi qui pars la première. Adieu, mes amis, je vous ai peu connus mais je vous regrette déjà.
-T’en fais pas, la rassurent les petits chocolats. Tu vas être la reine de la table de Noël. On va te poser sur un magnifique plat de porcelaine. Tu vas trôner au milieu de la table et tout le monde va te manger des yeux.
-Oui, toi, on va t’admirer avant de te déguster, renchérissent les marrons glacés. Tandis que nous, on nous prend et hop…dans la bouche!

Noëls d’enfance(2)

Je me souviens des Noëls de mon enfance à I…lorsque nous allions admirer la vitrine de l’épicière. Dans mon souvenir, cette vitrine me semblait immense alors qu’elle devait être, je l’imagine, à la mesure d’une petite épicerie de village. Pour les enfants, le monde est toujours immense!
Je me souviens aussi de la crèche que papa avait fabriquée, une vraie petite maison recouverte de ouate pour la neige. Tous les personnages de la nativité étaient représentés: le petit Jésus qu’on aurait dit en sucre, la Sainte Vierge et Saint Joseph, les bergers avec leurs moutons et bien sûr les Rois Mages. Le roi noir surtout me fascinait car, dans mon village, il n’y avait pas de gens de couleur…
Je me souviens encore de certains cadeaux car nous en recevions moins que les enfants d’aujourd’hui. Quel bonheur devant le parapluie rose à chaînette dorée ou la petite trousse à couture rouge que je possède encore! Ou devant le chariot alsacien en osier garni de tissu!
Noëls magiques de l’enfance, comme vous êtes loin!P1020217

Noëls d’enfance

Préparatifs fébriles, comptage des jours jusqu’aux vacances, vitrines illuminées, messe de minuit, crèche, angelot disant merci pour la pièce, il est né le divin enfant, lettre au père Noël, cadeau unique mais somptueux, parapluie rose, berceau alsacien, sapin odorant, bougies allumées, boule rouge, guirlandes incandescentes, bûche crémeuse, chaussons aux pommes, crottes en chocolat fourrées de crème rose ou jaune, regards affectueux des parents, yeux brillants, excitation, bonheur, Noël arrive! Vivement Noël!

NOEL
N uit magique, nuit divine!
O h! Tous ces cadeaux!
E t le sapin, quelle merveille!
L e bonheur est au rendez-vous!R001-018

Fin d’automne

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Ce matin, il a gelé fortement;

L’herbe scintille

Ainsi que des diamants.

Le mûrier a perdu ses feuilles

En quelques heures.

Le chêne commence enfin à jaunir;

L’automne tire à sa fin.

Adieu, écarlate des forêts!

Adieu, derniers rayons!

Place à la nouvelle saison!

Souvenirs d’enfance

LE RIZ AU LAIT

Il est une odeur qui me ramène aux beaux jours de mon enfance, c’est celle du bon plat de riz au lait passé au four que nous préparait ma grand-mère. Sa bonne odeur chaude et sucrée envahissait la cuisine; et quand ma mère sortait le plat du four, sa croûte dorée était un plaisir pour mes yeux d’enfant.Le bonheur était à son comble quand ma cuillère impatiente déchirait cette enveloppe brune et trouvait sous celle-ci le riz blanc et moelleux à souhait.
Chère grand-mère, tu n’es plus là; je ne sais pas faire ton plat merveilleux. Laisserai-je à mes petits-enfants une quelconque « madeleine de Proust »?

MA GRAND-MERE

Qu’elle était mignonne, ma grand-mère dans sa robe lilas avec, au cou, son collier de perles assorti au blanc neigeux de ses cheveux! Appuyée sur sa canne (sa Jeanne-Marie), elle nous regardait en souriant tendrement.

PETITS MAUX D’ENFANCE

Quand nous étions enrhumées, ma soeur et moi, nous avions droit aux « rigolos », cataplasmes à la farine de moutarde et pas du tout rigolos à supporter sur la poitrine; nous devions endurer leur brûlure cuisante pendant un temps beaucoup trop long à notre avis.
Je devais aussi boire tous les jours une cuillerée d’huile de foie de morue moi qui n’étais presque jamais malade et qui dépassais en taille toutes mes camarades.Remèdes de grand-mère mais qui s’avéraient souvent efficaces; mais peut-être étions-nous moins fragiles que les enfants d’aujourd’hui…