Concerto

Les notes jaillissent,

Claires et mutines,

Du piano majestueux.

Les mains agiles survolent

Le clavier comme des oiseaux affolés.

L’orchestre, à l’unisson,

Reprend la mélodie.

Yeux fermés, à l’abandon

Sur de moelleux coussins,

Mille images du bonheur défilent

En une joyeuse farandole.

Musique, plaisir des sens.

Concerto du bonheur.

Passion

Je t’invite à venir dans ce pays merveilleux

Loin des guerres, loin des haines

Où mon regard, dans le gris de tes yeux,

T’invitera à de douces chaînes.


Là- bas, tout est calme et serein.

Notre amour vivra sans contraintes.

Dans nos gestes, nulle crainte;

Dans nos ébats, nul frein.


Long fut le temps du déni.

La vérité se fit au réveil d’un matin

Promettant un futur béni.


Répondras-tu à mon invitation ?

Tes sentiments me sont inconnus

Et laissent en attente ma passion.

Brouillard

Ce matin, un voile laiteux

S’étend sur la campagne.

La nature a revêtu un costume

De fantôme en soie blanche.


Au loin, les grands arbres

Dressent leurs silhouettes grises.

Le jardin s’est évanoui

Sous la blancheur cotonneuse.


Au fil des heures, lentement,

Le paysage retrouve ses couleurs.

Dans le ciel, apparaît

Le disque pâle du soleil.

Haro sur…

Haro sur nous

Gens du vingtième siècle

Qui avons laissé

La planète mourir

À petit feu !

Que laissons-nous

À nos enfants ?

Océans et rivières pollués,

Plastique dans tous les recoins,

Forêts abattues,

Animaux traqués, chassés,

Décimés…

Usines crachant leur haleine empoisonnée,

Véhicules au souffle mortel.

Honte à nous

Qui n’avons pas su

Léguer à nos enfants

Une terre digne

Du Paradis perdu!