Coucou, coucou,
On entend
Un cri au loin.
C’est le réveil de la nature.
On ressent
Une joie nouvelle.
Archives
Printemps
Prémices du printemps
Le printemps arrive
A pas de loup.
Le sifflement du merle,
Le crocus d’or dans le gazon,
La timide pâquerette,
Un pâle rayon,
Le ciel entre nuage et ondée,
La tourterelle sur la branche,
Le pommier en fleurs,
Une douceur dans l’air…
Le printemps arrive
A pas de loup.
Épitaphe pour la langue française
Que devient notre belle langue
Au milieu des anglicismes?
Nous n’allons plus courir,
Nous faisons notre footing.
N’allez plus garder bébé,
Faites du babysitting.
Ciel! Que de rides dans le miroir!
Vite, un lifting!
Cet été, Aristide et Chloé
Iront faire du yachting;
Leur fils Édouard fera du skating
Et peut-être ira-t-il au bowling!
Monsieur met son smoking
Pour aller au meeting,
Il faut garder son standing!
Madame consulte son planning:
Ne pas oublier son cours de stretching
Ni de faire son brushing!
Que devient notre belle langue?
Famille
Ils marchaient tous les trois
Main dans la main
Le vieux monsieur et ses petits-enfants
Un garçon et une fille
L’un à droite, l’autre à gauche
Très droits et très sages
Il ne fallait pas fatiguer l’aïeul
Il était si vieux
Cheveux blancs, rides profondes
Ils étaient heureux tous les trois
Rides et joues roses à l’unisson
Le passé et l’avenir
Main dans la main.
Le lac
Il est un endroit charmant
Au bord d’un lac dormant
Où l’iris d’eau et la marjolaine
Mêlent leurs senteurs à la verveine.
Sur les rives vertes et herbues,
Les gros frênes chevelus
Mirent leurs silhouettes massives
Dans l’onde fugitive.
Le héron gris y surveille l’ablette
Immobile et droit sur ses pattes grêles;
A ses pieds, fleurit la pâquerette.
La grenouille sommeille sur le nénuphar;
La libellule aux ailes frêles
Prend son envol et part.
Faits d’hiver
Janvier
J acinthes sur le balcon.
A u loin dans la plaine
N eige à perte de vue…
V iens, donne-moi la main
I l tombe des flocons
E t le paysage disparaît.
Rentrons, rentrons vite au chaud.
Sonnet à l’hiver
Cette nuit, sans bruit, la neige est tombée,
Tout doucement, pendant mon sommeil.
A mon réveil, je l’ai sentie,
Un silence inhabituel,
Le bruit d’une voiture assourdi
Par l’épais et moelleux tapis.
L’ hiver est bien là, il s’annonce
En changeant toutes choses.
Où se cache le banc du jardin
Ou le tas de bois près du garage?
Quelques tiges dénudées sortent du massif
Et implorent les cieux sans pitié.
Cette nuit, sans bruit, la neige est tombée
Tout doucement, pendant mon sommeil.
Neige
Le ciel est couleur de plomb,
Une bise aigre se faufile sous la porte.
La nature est au garde-à-vous,
La neige s’annonce.
J’attends derrière ma fenêtre;
Un flocon timide hésite à descendre
Suivi d’autres plus téméraires.
Devenus plus nombreux, ils tournent et virevoltent.
Un épais tapis blanc recouvre le jardin.
Les arbres tendent leurs bras décharnés
Vers les joyeux lutins blancs
Et leur offrent le refuge de leurs branches.
Le moineau sautille sur ses pattes gelées
A la recherche d’une rare pitance.
Un vol d’oiseaux noirs s’abat sur la neige
En salissant sa blancheur.




