
Village sous la neige



Au pied de la montagne,
Petit chalet frileux se blottit
Seul dans l’immensité…
Pas un bruit
Silence d’éternité…
Sur le rameau dénudé,
Chante l’oiseau esseulé.
Se fait entendre le gazouillis
De la source sous la neige.
De fines traces constellent
Le sol immaculé.
Beauté éternelle…


Au garde-à-vous sur la pente enneigée,
Sapins verts montent la garde
Ainsi que des gendarmes sévères.
Leur ramure accueille le rouge-gorge
Ou le bouvreuil frileux.
Le manteau neigeux recouvre leurs branches
Jusqu’aux beaux jours.
La biche se réfugie dans leur ombre protectrice.
Bûcheron, retiens ta cognée.
Laisse à la montagne sa parure de verdure.


Sous la voûte étoilée,
La campagne endormie
S’étend, enveloppée
Dans son manteau de neige.
Au loin, le carillon appelle
Les villageois à la messe de minuit.
De frileuses silhouettes emmitouflées
Sortent des chaumières
Pour fêter la divine naissance.
Dans la petite chapelle,
Trône la crèche et ses santons.
Yeux brillants de bonheur,
Les enfants se bousculent.
Après le dernier cantique,
Chacun rentre au chaud
Pour déguster les marrons
Au coin de l’âtre.


Sur la pelouse gelée, frissonne l’arbre ,
Seul, dépouillé de ses feuilles,
De sa belle parure d’émeraude .
L’oiseau a fui ses branches nues.
Dans le ciel, de sombres nuées s’avancent
Porteuses de flocons d’albâtre.
Lentement, lentement, une poudre blanche
Recouvre la ramure de l’arbre.
Sur la pelouse gelée, frissonne l’arbre.
L’hiver impose sa loi au jardin privé
De ses multiples parures colorées.


