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Le plus et le moins

Contrairement aux croyances

Il vaut mieux posséder

Moins de biens que trop.

Celui qui a trop dans son escarcelle

Ne sait qu’en faire;

Il peut donner bien sûr!

Mais il est bien connu

Que celui qui a trop ne donne rien.

Celui qui a trop

Ne sait plus ce qu’il possède.

Ce qu’il désirait hier,

Il l’a déjà oublié.

Celui qui n’a pas assez

Est toujours dans l’attente;

Mais, le bonheur est dans l’attente;

La joie est dans l’espérance.

Celui qui n’a pas assez

Travaille nuit et jour

Pour obtenir ce plus.

DONNER

Donner est un plaisir

Plus durable que recevoir

a dit quelqu’un.

J’approuve hautement

Cet inconnu.

Quelle joie d’offrir

Une bricole nous appartenant:

Un vêtement, un bijou,

Une aquarelle,

Un petit rien.

Quel bonheur de voir

Tout d’un coup,

Le visage de la personne

S’illuminer d’ un sourire!

Peut-être oubliera-t-elle,

Au fond d’une armoire,

Son cadeau bénit!

Mais, vous, vous garderez

Votre bonheur encore longtemps.

VOYAGES

J’ai longtemps rêvé de rivages merveilleux

Où les vagues brumeuses, d’un tendre baiser,

Embrassaient doucement la grève irisée

Et léchaient mollement le pourtour rocailleux.

Où se trouve ce noble pays orgueilleux

Ces jardins de verdure aux senteurs anisées

Que le soleil embrase de sa frêle rosée?

C’est là que j’aimerais vivre avec passion

Au milieu des vives floraisons d’améthyste

Où ne règne aucunement nulle aversion.

Je m’évaderais parmi la pourpre des cistes;

Molle et alanguie, je jouerais la partition

Du bonheur comme un merveilleux et fier flûtiste.

AMUSETTES

Le bonheur, c’est un rayon de lune

Le bonheur, c’est la fleur sur la branche

Le bonheur, c’est le vent dans les arbres

Le bonheur, c’est la mer au loin

Le bonheur, c’est l’enfant joyeux

Le bonheur, c’est la flamme dans l’âtre

Le bonheur, c’est le lit douillet

Le bonheur, c’est le livre dévoré

Qui a dit que le bonheur n’existe pas?

Solitude du berger dans la montagne

Solitude de la biche égarée

Solitude du marin face aux flots

Solitude des grands espaces

Solitude du peintre devant la toile

Solitude de l’écrivain devant la feuille

Solitude de la vieille au coin du feu

Solitude du chien abandonné

Solitude de la pierre au milieu du champ

Solitude de mon coeur…

Bonheur

Vous arrive-t-il d’éprouver

Des moments de bonheur intense

Sans s’obliger

Et sans qu’on y pense?

 

La compagnie d’un être cher,

Le chant d’un oiseau,

Le bruit de la mer

Ou le murmure du ruisseau

 

Tout peut nous y mener.

Cela nous surprend au détour

D’une simple pensée,

 

D’un moment tellement banal

Mais rempli d’amour

Que cela nous fait mal.

 

La vie

La vie a des hauts, la vie a des bas.

Le sourire d’un enfant, le bonheur est là.

L’enfant est parti, solitude…

Un rayon de soleil, coeur en joie!

 

Le sourire d’un enfant, le bonheur est là.

Nuage noir à l’horizon, mélancolie…

Un rayon de soleil, coeur en joie!

Feuille morte, plaisirs envolés.

 

Nuage noir à l’horizon, mélancolie…

Deux êtres qui s’aiment, éternité…

Feuille morte, plaisirs envolés.

Nature ensorcelante, plaisir des sens.

 

Deux êtres qui s’aiment, éternité…

Un être cher s’en va, tristesse.

Nature ensorcelante, plaisir des sens.

La vie a des hauts, la vie a des bas.

 

Ce poème est un pantoum, poésie où certains vers se répètent.Poètes du dimanche, amusez-vous comme moi!

Amusettes

Par chance, il faisait beau

Par chance, son humeur était gaie

Par chance, sa coiffure lui plaisait

Par chance, sa robe était neuve

Par chance, elle était en vacances

Par chance, elle avait tout son temps

Par chance, elle le rencontra

Par chance, ils se regardèrent

Par chance, ils se sourirent

Par chance, ils se plurent

Par chance, ils s’aimèrent.

Amusettes

Par malchance, son réveil ne sonna pas

Par malchance, il se leva trop tard

Par malchance, son pain brûla

Par malchance, son lait déborda

Par malchance, son bouton tomba

Par malchance, son lacet cassa

Par malchance, il rata son bus

Par malchance, l’ascenseur était en panne

Par malchance, il arriva en retard

Par malchance, il fut viré…

Epitaphe pour la langue française

Que devient notre belle langue

Au milieu des anglicismes?

Nous n’allons plus courir

Nous faisons notre footing.

N’allez plus garder bébé

Faites du baby sitting.

Ciel! Que de rides dans le miroir!

Vite! Un lifting!

Cet été, Aristide et Chloé

Vont faire du yachting.

Leur fils Edouard fera du skating

Et peut-être ira-t-il au bowling!

Monsieur met son smoking

Pour aller au meeting;

Il faut garder son standing!

Madame consulte son planning:

Ne pas oublier son cours de stretching

Ni de faire son brushing!

Synonymes

C’était un personnage grossier,

Un mufle, un goujat, un malotru,

Que dis-je, un rustre,

Un rustaud, un butor,

Un pignouf, diraient certains,

Un ostrogoth, disaient les autres.

Ce qui est sûr, c’est qu’il était frustre

Et possédait un cerveau rudimentaire.

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Cela fut certain, assuré même.

Cela ne faisait pas l’ombre d’un doute,

C’était même évident,

Manifeste, très clair au demeurant,

Ce fut net, palpable,

Tangible, visible, en un mot flagrant.

Cela fut même incontestable,

indéniable, indiscutable, indubitable,

Irréfutable, dirait-on,

Et pourquoi pas irrécusable!

Cela fut certain, assuré même

Qu’ils tombèrent amoureux!